Des maisons médiévales à colombages bordant la rue pavée escarpée du Jerzual descendant vers le port de Dinan
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Dinan

"Chaque rue de la vieille ville semblait s'appuyer sur la suivante, et pourtant tout tenait encore debout."

Une cité médiévale perchée au-dessus de la Rance, où une rue pavée dévale une pente si raide vers le port que Lia a insisté pour qu'on ralentisse, rien que pour ne pas renverser nos cafés.

Nous sommes venus à Dinan en détour depuis Saint-Malo, pensant qu’une heure suffirait, et nous sommes restés jusqu’à ce que les commerçants de la rue du Jerzual baissent leurs volets. Dinan est perchée sur un éperon de granit au-dessus de la Rance, ceinte de près de trois kilomètres de remparts intacts, et la vieille ville qu’ils enferment est si densément tissée de maisons à colombages penchées sur la rue que la traverser tient moins de la visite touristique que de se laisser lentement avaler par le XVe siècle.

La rue qui dévale vers la rivière

La rue du Jerzual est la raison pour laquelle on photographie Dinan plus que la plupart des villes bretonnes. Elle descend abruptement depuis la porte du Jerzual jusqu’au vieux port sur la Rance, pavés polis par cinq siècles de charrois et bordés d’ateliers d’artisans — potiers, graveurs, un ébéniste dont l’atelier sentait si fort le copeau de chêne frais que Lia y est retournée deux fois. En bas, le port lui-même est presque étonnamment calme : une poignée de bateaux de plaisance amarrés le long d’une rivière qui transportait autrefois le lin et le bois bretons vers la Manche. Nous nous sommes installés à une table de café juste au bord de l’eau et avons regardé un groupe d’adolescents sauter du vieux pont de pierre, ce que le serveur nous a assuré être à la fois strictement interdit et parfaitement normal.

Des ateliers d'artisans et des pavés usés le long de la rue du Jerzual en forte pente à Dinan

Des remparts, une basilique, et un cœur dans un mur

La promenade le long des remparts donne à voir toute la ville d’un seul coup d’œil — tourelles, toits d’ardoise, la flèche de la basilique Saint-Sauveur, et la Rance qui s’éloigne en boucle vers la mer. L’autre curiosité de Dinan est plus étrange encore : le cœur de Bertrand du Guesclin, chevalier breton du XIVe siècle devenu l’un des plus célèbres capitaines de France, repose dans un petit reliquaire à l’intérieur de la basilique, le reste de sa dépouille ayant été inhumé en quatre endroits différents du pays après sa mort, selon la manière fragmentée dont on enterrait parfois la noblesse médiévale. Nous avons trouvé la petite urne presque par hasard, nichée dans une chapelle latérale, et sommes restés là plus longtemps que prévu devant ce qui reste, au fond, une très vieille boîte.

Les remparts de Dinan avec leurs toits d'ardoise et la flèche de la basilique Saint-Sauveur se découpant contre le ciel

Quand y aller : De la fin du printemps au début de l’automne, la promenade sur les remparts reste agréable et les terrasses de café du port demeurent ouvertes. La Fête des Remparts, festival médiéval organisé les années impaires, mérite qu’on organise son voyage autour si les dates concordent.

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