Foz Côa
"Foz Côa, c'est l'endroit où je me suis tenu devant un cheval vieux de 20 000 ans sans avoir absolument rien d'intelligent à dire."
Une ville poussiéreuse du Douro Superior qui s'est révélée assise sur la plus grande collection d'art paléolithique à ciel ouvert de la planète, gravée dans la roche au bord de la rivière 20 000 ans avant que quiconque ne pense à l'écrire.
Je suis allé à Foz Côa pour le vin et j’en suis reparti en pensant surtout aux chevaux — pas des vrais, mais ceux gravés dans les berges de schiste il y a quelque vingt mille ans par des gens qui n’ont presque rien laissé d’autre derrière eux. Les gravures de la vallée du Côa n’ont été découvertes par des archéologues qu’au début des années 1990, pendant la construction d’un barrage prévu qui aurait submergé tout le site, et le fait qu’une campagne publique ait réellement stoppé un grand projet de barrage pour sauver de l’art rupestre préhistorique me frappe encore comme l’une des victoires les plus improbables de l’histoire de la conservation portugaise. J’ai réservé une visite guidée en jeep vers l’un des panneaux accessibles à Canada do Inferno, et notre guide, un jeune archéologue, a braqué une lampe torche en lumière rasante sur la roche au crépuscule jusqu’à ce que les faibles lignes gravées de chevaux, d’aurochs et de bouquetins apparaissent soudain — invisibles en pleine lumière du jour, mais indéniables une fois qu’on connaissait l’astuce.
Du vin là où se trouve l’art
En surface, le Douro Superior autour de Foz Côa produit certains des rouges les plus audacieux de toute la région du Douro, le climat ici étant plus extrême qu’en aval près de Pinhão — chaleur estivale brutale, hivers froids — ce que les habitants créditent pour des vins d’une vraie structure et concentration. Je me suis arrêté dans une petite quinta familiale en revenant des gravures, et le vigneron, à moitié en plaisantant, m’a dit que ses vignes et les artistes préhistoriques partageaient les mêmes collines et probablement la même opinion sur la qualité de la lumière ici au coucher du soleil. Il m’a versé un Touriga Nacional qui n’avait rien de la douceur que j’avais trouvée plus bas dans la vallée, tout en fruits noirs et en mâche, et m’a dit que la majeure partie de ce qui pousse ici finit encore dans des assemblages pour le porto plutôt que d’être mise en bouteille seule, un fait qu’il trouvait légèrement injuste.

Le Musée du Côa lui-même, un bâtiment saisissant en béton encastré dans la colline au-dessus du confluent des rivières, fait un bien meilleur travail que je ne l’espérais pour expliquer à quoi aurait pu ressembler la vie de ces gens, et j’en suis reparti plus ému que dans la plupart des musées d’art conventionnels.

Quand y aller : au printemps ou en automne, quand la chaleur reste gérable pour les excursions en jeep vers les gravures, et que les visites de gravures en lumière rasante au crépuscule se réservent plus facilement, sans la foule estivale.