Fundão
"Fundão sent la cerise pendant environ six semaines par an, et je me trouvais justement là pour la bonne fenêtre."
La capitale officieuse du pays de la cerise au Portugal, où des versants entiers sous la Serra da Estrela deviennent blancs de fleurs chaque printemps et rouges de fruits dès le début de l'été.
J’ai volontairement mal calé ma visite à Fundão — début juin, tout à la fin de la saison des cerises, en remontant depuis le bassin de Cova da Beira avec la Serra da Estrela remplissant le pare-brise devant moi. Bien avant d’atteindre la ville, les collines m’avaient déjà tout dit : terrasse après terrasse de cerisiers, certains déjà entièrement cueillis, d’autres encore chargés de fruits rouge foncé, des cueilleurs sur des échelles travaillant vite parce que la saison ici est courte et sans pitié.
Le pays de la cerise, en bonne et due forme
Le Cova da Beira, le large bassin entre la Serra da Estrela et la Serra da Gardunha, possède l’un des meilleurs microclimats du Portugal pour les cerises — assez de froid hivernal pour que les arbres nouent correctement leurs fruits, assez de chaleur printanière pour les mûrir vite, et Fundão a bâti son identité moderne presque entièrement autour de ce fait. Chaque juin, la ville organise une fête de la cerise, le Festival da Cereja, célébrant ce qui est devenu l’une des exportations agricoles les plus importantes de la région, et des étals au bord des routes dans toute la campagne vendent des sacs d’un kilo pour quelques euros directement à l’arrière d’un camion. J’en ai acheté un à une femme près d’Alcaide qui m’a laissé goûter une poignée avant de payer, des cerises foncées et fermes avec une acidité que les versions du supermarché, là-bas au Mexique, n’ont jamais, et elle m’a dit, avec la fierté de quelqu’un qui a déjà entendu la comparaison et qui ne s’en offusque pas, que certains acheteurs comparent favorablement les cerises de la région à celles, célèbres, venues de plus au sud.

La ville de Fundão elle-même a discrètement réinventé des pans de son ancien centre industriel — une ancienne usine textile abrite désormais un saisissant musée d’art urbain, avec des fresques d’artistes de rue internationaux couvrant les murs des anciens entrepôts, un contraste étrange mais réellement convaincant dans une région qui, par ailleurs, vit au rythme des vergers et des villages de granit.
La saison des fleurs, si on peut la caler
Des habitants m’ont dit que le vrai spectacle n’est pas en juin mais en mars, quand ces mêmes collines deviennent blanches de fleurs de cerisier pendant deux semaines avant que le vert ne reprenne le dessus — je l’ai manqué de plusieurs mois et j’ai déjà décidé d’y retourner pour ça.

Quand y aller : mi-mars pour la floraison des cerisiers sur les collines de Cova da Beira, ou début juin pour la récolte et le Festival da Cereja, quand toute la région sent vaguement le fruit.