Marivan
"Marivan est le premier endroit en Iran où j'ai arrêté de consulter ma carte pour simplement regarder l'eau."
Une ville kurde au bord d'un lac, sur la frontière irakienne, où le lac Zrebar renverse les sommets environnants du Zagros.
Marivan se trouve assez près de la frontière irakienne pour que mon téléphone m’ait brièvement accueilli avec un texte de bienvenue d’un opérateur étranger, ce qui m’a paru être une drôle de preuve que j’avais bel et bien atteint les confins du pays. Mais ce qui m’y a retenu deux jours de plus n’était pas la frontière — c’était le lac.
Un lac qui dédouble tout
Le lac Zrebar — l’un des rares lacs d’eau douce naturels d’Iran — se trouve dans une cuvette de sommets du Zagros juste à l’extérieur de la ville, et par une matinée calme, l’eau reflète la ligne de crête environnante avec une telle précision que les photographies semblent retournées ou retouchées même quand elles ne le sont pas. Les habitants pique-niquent sur ses rives toute l’année, et un chemin pavé longe une partie du rivage, où j’ai vu un groupe d’adolescents installer un service à thé élaboré sur une couverture avec le sérieux d’un dîner officiel.

La vie kurde loin de la capitale
Marivan paraît moins mise en scène pour les visiteurs que Sanandaj, sa voisine régionale plus grande. Le marché vend surtout des biens pratiques — outils, produits frais, articles ménagers — plutôt que des souvenirs, et le kurde est parlé presque exclusivement dans la rue, le farsi étant réservé aux affaires officielles. Le tenancier d’une maison de thé près du bord du lac, en apprenant que je venais du Mexique en passant par la France, a ri et m’a dit que j’avais parcouru plus de chemin pour rejoindre sa ville que la plupart de ses propres proches, émigrés en Europe, n’en avaient jamais parcouru pour y revenir.
Des forêts qui ne devraient pas être là
Les collines autour de Marivan portent une forêt de chênes d’une densité presque méditerranéenne, un contraste surprenant avec l’image aride que la plupart des gens se font de l’Iran. En marchant sur un court sentier au-dessus du lac avec Lia, nous avons débusqué une paire de perdrix dans les broussailles, et pendant un instant toute la scène — forêt de pins et de chênes, eau calme, air frais de montagne — donnait l’impression d’avoir été classée sous le mauvais pays.

Quand y aller : De mai à juillet pour les fleurs sauvages et le niveau du lac au plus haut, ou en septembre pour un air plus frais et moins de touristes domestiques. La région frontalière peut connaître des restrictions d’accès périodiques, il vaut donc la peine de vérifier les conditions sur place avant de planifier une visite.