L'aiguille de 435 mètres de Téhéran, où un restaurant tournant et une plateforme d'observation offrent la seule vue qui donne enfin un sens à l'échelle de la ville.
J’avais passé quatre jours à arpenter Téhéran au niveau de la rue avant de monter à la tour Milad, et j’aurais aimé le faire dès le premier jour. Depuis le sol, la ville se lit comme une grille interminable et légèrement chaotique. Depuis la plateforme d’observation à 276 mètres, elle se résout en quelque chose de lisible : les montagnes qui verrouillent le bord nord, la brume qui s’épaissit vers le sud, l’ensemble de cette étendue de quinze millions d’habitants qui finit par admettre sa propre forme.
Monter là-haut
La tour est la sixième plus haute tour de télécommunication au monde, et les Téhéranais en sont discrètement fiers d’une manière qui m’a surpris — un symbole de la ville construit sans aucun angle religieux ou dynastique attaché. L’ascenseur monte assez vite pour que les oreilles se bouchent, et la plateforme elle-même est vitrée, si bien qu’on profite de la vue sans le vent. J’y suis allé juste autour du coucher du soleil, quand le smog qui brouille habituellement l’horizon capte une lumière dorée au lieu de simplement ressembler à du smog.

Le restaurant tournant
Il y a un restaurant un niveau en dessous de la plateforme d’observation qui effectue une rotation complète au cours d’un repas, ce qui paraît gadget jusqu’à ce qu’on réalise que cela signifie qu’on obtient les montagnes, puis le centre-ville, puis la brume du sud, tout ça sans se lever. La nourriture n’a rien de remarquable — c’est un restaurant de vue, pas une destination culinaire — mais Lia et moi nous sommes attardés devant notre thé une heure de plus, simplement à regarder les lumières de Téhéran s’allumer par sections, quartier après quartier, comme quelqu’un qui coche une liste.

Autour de la base
La tour se trouve dans le complexe du Centre international du commerce et des congrès, à l’ouest de Téhéran, qui est fonctionnel plutôt que charmant — attendez-vous à du trafic de congrès et des files de taxis plutôt qu’à de l’ambiance. Venez pour la vue, pas pour les environs, et associez-y un dîner en amont quelque part avec un vrai caractère.
Quand y aller : La fin d’après-midi jusqu’au coucher du soleil offre la meilleure lumière et l’air le plus clair, la pollution de Téhéran ayant tendance à se déposer en milieu de journée. Les soirées de printemps et d’automne offrent la visibilité la plus nette vers l’Alborz ; la brume estivale peut considérablement atténuer la vue sur les montagnes.