Cauterets
"Toute la ville sent encore légèrement le soufre, et curieusement, ça fait partie du charme."
Une station thermale Belle Époque nichée dans une vallée pyrénéenne, dont les bains soufrés et les grands hôtels un peu défraîchis portent encore le glamour du dix-neuvième siècle, quand la moitié du Paris littéraire venait y prendre les eaux.
Cauterets sent légèrement l’œuf, à cause des sources sulfureuses qui attirent des visiteurs dans cette vallée depuis l’époque romaine, et je le mentionne en premier parce que c’est sincèrement la particularité la plus marquante de la ville et que personne ne prévient. Une fois qu’on cesse d’y prêter attention, il reste une véritable station thermale Belle Époque : balcons en fer forgé, casino à coupole, et façades de grands hôtels bâties pour une clientèle du dix-neuvième siècle qui comptait George Sand, Victor Hugo et Sarah Bernhardt, tous venus pour les eaux thermales et, on l’imagine, pour l’air de la montagne comme prétexte.
Prendre les eaux, plus ou moins
Les Thermes de César, nommés d’après une source supposément d’époque romaine, fonctionnent toujours aujourd’hui, nettement moins fréquentés par les célébrités littéraires qu’en 1850 mais tout aussi sérieux quant à leurs bains de soufre et leurs jets d’eau sous pression. On n’a pas réservé de soin — ça demande une organisation qu’on n’avait pas anticipée — mais on est passés devant la grande façade de l’ancien Établissement Thermal et on a jeté un œil par les fenêtres sur la salle à coupole à l’intérieur, tout en marbre et en ferronnerie, bâtie pour une époque qui traitait un bain chaud comme une forme de haute culture.

Remonter la vallée jusqu’au Pont d’Espagne
La vraie raison de rester plus d’un après-midi se trouve au-dessus de la ville. Une petite route grimpe de Cauterets jusqu’au Pont d’Espagne, un pont de pierre au-dessus d’une confluence tumultueuse de deux torrents de montagne, d’où partent des sentiers vers le lac de Gaube et les glaciers du massif du Vignemale. On a marché jusqu’au lac, une dalle d’eau turquoise posée juste sous le glacier, mangé un sandwich sur un rocher, et convenu que c’était le genre de vue qui rendait l’odeur de soufre en ville tout à fait tolérable.

Quand y aller : Juillet et août ouvrent les sentiers d’altitude vers le Pont d’Espagne et le lac de Gaube ; venez plutôt en hiver si vous cherchez l’autre visage de la ville, celui d’une station de ski à taille humaine.
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