La ville thermale de Bagnères-de-Bigorre avec ses bains thermaux et ses toits d'ardoise sur fond de contreforts verts des Pyrénées
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Bagnères-de-Bigorre

"J'ai vu des hommes faits pleurer au sommet du Tourmalet, et ce n'était pas à cause de la vue."

Une ville thermale qui envoie les gens en montagne depuis l'époque romaine, et où chaque juillet, toute la ville semble encore retenir son souffle pour le Tourmalet.

Bagnères-de-Bigorre n’a rien d’une carte postale pyrénéenne comme certaines de ses voisines — c’est une ville d’eaux qui travaille, un peu défraîchie sur les bords, le genre d’endroit où les thermes, les carrières de marbre et les filatures de laine ont longtemps compté plus que le tourisme. Et c’est précisément pour ça que je l’ai aimée. Lia et moi y avons échoué presque par hasard, en quête d’une base d’où grimper le Tourmalet sans payer des prix de station, et nous y sommes restés trois nuits au lieu d’une.

L’eau qui a bâti la ville

Les Romains se baignaient déjà dans les sources chaudes de Bagnères il y a deux mille ans, et au XIXe siècle la ville avait transformé cette habitude en une véritable économie : de grands établissements thermaux, un casino, des aristocrates anglais et espagnols débarquant en train pour prendre les eaux contre leur goutte et leurs nerfs. Le Grand Établissement Thermal fonctionne encore, un bâtiment un peu solennel, un peu institutionnel, où l’on peut réserver un bain qui coûte moins cher qu’un bon dîner. Nous n’avons pas fait la cure complète, juste une séance en fin d’après-midi dans les bassins tièdes, et nous en sommes ressortis les membres détendus d’une façon qu’aucune randonnée n’avait réussi à obtenir cette semaine-là.

La façade néoclassique du Grand Établissement Thermal à Bagnères-de-Bigorre

Monter là où le Tour de France va souffrir

La vraie raison pour laquelle la plupart des gens passent par ici aujourd’hui, c’est le Col du Tourmalet, le plus haut col routier des Pyrénées françaises et celui que le Tour de France utilise pour briser les coureurs plus que tout autre depuis 1910. La route qui sort de la ville grimpe à travers les échafaudages de la station de La Mongie avant que les arbres ne disparaissent tout à fait et qu’il ne reste plus que des lacets et des éboulis jusqu’à 2 115 mètres. Nous l’avons montée en voiture, ce qui donnait une impression un peu lâche en voyant les cyclistes nous doubler dans leur plus petit braquet, trempés de sueur et le visage grave, certains y allant manifestement comme dans un pèlerinage personnel plutôt que pour une vue au sommet. La statue d’Octave Lapize en haut, plié en deux après la course de 1910, résume l’ambiance mieux qu’aucune plaque ne pourrait le faire.

Des cyclistes gravissant les lacets du Col du Tourmalet au-dessus de la limite des arbres

De retour en ville, les anciens métiers de la laine et du marbre ont eux aussi laissé leur empreinte — le marbre de Bagnères orne la moitié des églises du sud de la France, et un petit musée lui est consacré si vous voulez l’histoire sans l’altitude.

Quand y aller : De juin à septembre pour que le col soit ouvert de façon fiable et l’affluence cycliste à son maximum, même si vous préférerez peut-être avoir la route du Tourmalet presque pour vous seul en visant la première moitié de juin ou la mi-septembre, avant et après la haute saison des cyclosportives amateurs.

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