Les deux tours gothiques de la cathédrale de York s'élevant au-dessus des toits des Shambles au crépuscule, la pierre chaude rayonnant sous un ciel pâle du Nord
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York

"Les murailles sont toujours là. On les longe avant le petit-déjeuner et la ville prend alors un sens complètement différent."

Une cité romaine ceinte de murailles médiévales où deux mille ans d'histoire se superposent avec une telle densité que chaque promenade ressemble à une traversée du temps géologique.

Je suis arrivé à York début novembre, ce qui s’est avéré être exactement le bon moment. La foule touristique s’était suffisamment clairsemée pour que les Shambles — cette ruelle médiévale aux maisons à colombages en encorbellement — retrouvent un caractère véritablement intime plutôt que celui d’une reproduction d’eux-mêmes. Les bouchers ont tous cédé la place aux cafés, mais les étages supérieurs s’inclinent encore tellement l’un vers l’autre qu’on perd le ciel au milieu de la rue. Je me suis arrêté là une bonne minute à essayer d’identifier l’odeur : vieux bois, pierre humide, et quelqu’un quelques portes plus loin qui faisait quelque chose à la cannelle.

Les murailles

Les murailles romaines qui encerclent le centre-ville ne sont pas une métaphore. Ce sont de vraies murailles romaines, entretenues et agrandies au fil des siècles, et on peut en faire presque tout le tour — environ cinq kilomètres — en marchant sur le chemin de ronde. Je l’ai fait à huit heures du matin, quand la ville était encore à moitié endormie. Vers l’intérieur, on voyait les toits, les cheminées, les flèches d’une douzaine d’églises, et les deux énormes tours de la cathédrale captant les premières lueurs froides du jour. Vers l’extérieur : des maisons mitoyennes, un canal, un dépôt de fret. Ce contraste — le profil médiéval contre la ville ouvrière ordinaire — me semblait plus honnête que n’importe quel musée de château.

La cathédrale

York Minster est tout simplement l’une des plus grandes cathédrales gothiques du nord de l’Europe, et aucune description ne vous prépare à ce qu’on ressent à l’intérieur. Ce qui me saisit à chaque fois, c’est la lumière. La grande fenêtre est — presque aussi haute qu’un immeuble de cinq étages, remplie de vitraux du XVe siècle — projette du bleu et de l’or sur le sol de pierre le matin d’une façon qui semble physiquement impossible, comme si la lumière défiait ses propres lois. J’ai passé près d’une heure dans la nef à ne rien faire d’utile. C’est sans doute la bonne attitude.

La crypte sous la cathédrale est un musée construit autour des fouilles réalisées dans les années 1960, quand les fondations risquaient de s’effondrer. Colonnes romaines, vestiges vikings, maçonnerie normande — tout cela dans une dizaine de mètres carrés. La compression du temps y est presque vertigineuse.

La tour Clifford et le centre-ville

La tour Clifford trône sur une butte artificielle en plein cœur de la ville et offre une vue qui récompense l’effort de la montée. La tour elle-même a une forme étrange en trèfle à quatre feuilles, rare dans les fortifications anglaises, et l’intérieur est largement ouvert au ciel désormais — les planchers en bois ont brûlé depuis longtemps sans jamais être remplacés. Il s’en dégage une mélancolie que le guide audio enjoué minimise quelque peu.

Lia a découvert le Merchant Adventurers’ Hall toute seule, dans une ruelle dans laquelle elle s’était engouffrée uniquement pour échapper à une averse. Il s’est avéré être la guilde médiévale la mieux préservée d’Angleterre, toujours propriété de la corporation qui l’a construite en 1357. Nous avons déjeuné à une table près de la cheminée de la crypte pendant que la pluie faisait ce que fait la pluie à York.

Manger et boire

York prend la nourriture au sérieux, sans ostentation. Le marché de Shambles Market fonctionne presque tous les jours et propose d’excellents fromages locaux, du pain et des pâtés en croûte au gibier si on y arrive avant midi. La culture des pubs penche ici vers l’ancien — salles lambrissées, bières à la pression, parquets polis par des siècles de semelles. J’ai un faible pour les pubs proches de la cathédrale, où les poutres du plafond sont authentiques plutôt que décoratives.

Quand y aller : De fin septembre à novembre, on trouve la meilleure combinaison : des foules supportables, une lumière atmosphérique, et ce froid humide qui rend la vie intérieure de York — les pubs, les halles médiévales, la crypte de la cathédrale — véritablement méritée. Évitez les deux semaines autour de Noël, quand le marché transforme le centre-ville en une interminable file d’attente pour le vin chaud.

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