La ville universitaire du Vermont au bord du lac, où les musiciens de rue de Church Street rivalisent avec les cornes des ferries et où les Adirondacks rougeoient en rose de l'autre côté du lac Champlain chaque soir sans exception.
Je suis arrivé à Burlington en m’attendant à moitié à une petite ville qui aurait surpassé sa propre envergure grâce à sa seule réputation. Le genre d’endroit qui se qualifie de « vibrant » dans la brochure touristique et qui se révèle être trois bars à vin et un Sears en fermeture. Burlington n’est pas ça. Elle mérite sa réputation d’une manière qui paraît presque accidentelle — le produit d’une université, d’une singulière fibre progressiste, et de l’une des vues lacustres les plus absurdes du Nord-Est.
Le courant de Church Street
Church Street est un marché piétonnier, pavé de briques et bordé d’érables qui virent à l’orange nucléaire en octobre. Je suis arrivé en milieu de matinée et me suis assis avec un café d’Onyx Tonics pendant que le pâté de maisons s’éveillait — un type accordant une guitare devant la coopérative de l’Old North End, deux skateurs se faufilant entre les étals du marché fermier. L’ambiance est sincèrement brute d’une façon que les villes de Nouvelle-Angleterre dotées de ce genre de décor ne sont souvent pas. Personne ne semble jouer la comédie de Burlington pour qui que ce soit.
Le marché couvert de City Market sent le fromage affiné et le café en vrac, et c’est là que j’ai dépensé plus que prévu pour un morceau de Jasper Hill Harbison et un pot de miel local qui coûtait le prix d’un déjeuner complet. Ça en valait la peine, les deux fois.
Le lac dans toutes ses humeurs
La piste cyclable le long du lac Champlain est l’un de ces investissements publics qui donnent envie d’écrire une lettre de remerciement. Elle remonte vers le nord depuis le front de mer à travers Leddy Park, plate et large, avec les Adirondacks de l’autre côté de l’eau qui changent de couleur toutes les vingt minutes selon l’état des nuages. Je l’ai parcourue à l’heure dorée et la lumière a teinté le lac de la couleur du vieux laiton. Lia a pris une photo qui avait l’air truquée.
Le ferry pour Port Kent fonctionne toute l’année et ne coûte presque rien. Même si l’État de New York ne vous intéresse pas, faire la traversée aller-retour vaut le coup ne serait-ce que pour la perspective — Burlington vue depuis l’eau paraît plus petite et plus belle que de l’intérieur d’elle-même.
Manger et boire comme un local
La réputation du Vermont en matière de circuit court est bien réelle, mais c’est à Burlington qu’elle se concentre en quelque chose de constant. Hen of the Wood, sur Main Street, est le choix sérieux — une tartine aux champignons avec un œuf au plat au déjeuner qui m’a brièvement fait reconsidérer toutes les autres tartines aux champignons que j’avais mangées. Le petit comptoir Myer’s Bagels est en rupture de tout dès 9 heures et donne l’impression d’une petite violence.
Le Vermont Pub and Brewery, sur Cherry Street, sert sa propre brown ale dans une salle qui sent le malt et le vieux bois, et par une nuit froide aux fenêtres embuées, c’est exactement ce qu’il faut.
Les quartiers de la colline au-dessus de Church Street
Marchez dix minutes en montant depuis la zone piétonne et les quartiers deviennent résidentiels et élégants — des maisons victoriennes et craftsman aux profondes vérandas, des plates-bandes qui commencent à brunir en octobre. L’Université du Vermont se trouve là-haut, tout comme le centre scientifique ECHO si vous voyagez avec des enfants ou que l’écosystème du lac Champlain vous intrigue. Je ne suis pas du genre à fréquenter les musées, mais la section sur l’écologie du lac m’a fait rester plus longtemps que prévu.
Quand y aller : De fin septembre à mi-octobre pour le feuillage et les après-midis encore tièdes. Juillet et août sont la pleine saison des festivals — le Vermont Brewers Festival attire la foule en juillet et le front de mer est réellement animé. L’hiver est froid et gris mais douillet si vous aimez ça ; février apporte des sculptures de glace sur le front de mer et les pistes de ski sont assez proches pour faire de Burlington une base logique.
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