Pont couvert en bois rouge sur une rivière tumultueuse entouré d'un feuillage automnal éclatant au Vermont

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"Le Vermont prouve que la retenue, bien maîtrisée, est sa propre forme d'extravagance."

Je suis arrivé au Vermont un mercredi à la mi-octobre et les collines étaient en feu. Pas métaphoriquement — les érables à sucre avaient viré à un rouge-orangé qui n’existe nulle part ailleurs dans le monde, et la lumière de seize heures les traversait en biais, dorée et légèrement irréelle. Je me suis arrêté sur la Route 100 au sud de Stowe et je suis resté là quelques minutes, sans rien faire, ce qui ne me ressemble pas du tout.

Le Vermont est le plus petit État du Nord-Est et pourtant celui qui défend avec le plus de conviction une certaine façon de vivre. Les fermes sont de vraies fermes — laitières pour la plupart, les vaches qui produisent le lait qui devient le cheddar au lait cru qu’on trouve chez Cabot ou à la Grafton Village Cheese Company, affiné assez longtemps pour vous faire regretter tous les cheddars fades que vous avez supportés jusqu’ici. La scène brassicole artisanale n’est pas vraiment une scène, c’est plutôt un fait géographique : Hill Farmstead à Greensboro, Alchemist à Stowe, von Trapp Brewing nichée dans un vallon qui ne pourrait être qu’au Vermont. Ce ne sont pas des destinations Instagram. Ce sont des endroits que des gens ont construits parce qu’ils voulaient vivre d’une certaine façon et avaient besoin d’une économie qui le permette.

Les ponts couverts sont réels et ils sont partout — Woodstock en compte plusieurs à quelques kilomètres, et le village lui-même est le genre d’endroit qui vous fait presque honte de ne pas y être venu plus tôt. Cold Hollow Cider Mill presse du cidre de pomme frais sur place dès octobre ; on le boit debout dans le parking, encore mousseux et froid, et ça a le goût de la saison concentrée dans un verre. En hiver, tout l’État se tourne vers les pistes — Stowe, Mad River Glen, Sugarbush — et les villages alentour deviennent des endroits étonnamment chaleureux pour avoir froid.

Quand y aller : De fin septembre à mi-octobre pour le feuillage à son apogée — visez le week-end du Columbus Day, envahi de visiteurs mais indéniablement spectaculaire. Juin et juillet pour randonner sur le Long Trail et nager dans le lac Champlain. Février pour skier sans le chaos des vacances de Noël.

Ce que la plupart des guides ratent : Ils vous envoient à Burlington et s’en tiennent là. Burlington est bien — Church Street, le front de lac, un bon repas chez Hen of the Wood — mais l’âme du Vermont se trouve dans les petites villes qui vous obligent à vraiment prendre la route. Woodstock, Middlebury, Grafton, Peacham. Partez vous perdre sur les chemins de campagne. Le GPS vous abandonnera parfois. C’est fait exprès.