Emerald-green Yercaud Lake surrounded by forested hills in the Shevaroy Range
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Yercaud

"On venait chercher la petite sœur d'Ooty, on est repartis en se demandant pourquoi tout le monde s'obstine à aller à Ooty."

Une paisible station climatique parfumée au café, où un lac vert émeraude et des points de vue noyés dans la brume éclipsent les grandes collines du Tamil Nadu.

C’est Lia qui a trouvé Yercaud sur la carte, presque par hasard, un gribouillis de lacets grimpant depuis les plaines de Salem vers la chaîne des Shevaroy. Un ami de Bangalore nous avait mis en garde contre Ooty, qu’il décrivait comme “un parking avec un lac”, alors quand il a mentionné cette station climatique plus modeste, surnommée l‘“Ooty du pauvre”, on a changé d’itinéraire sans trop hésiter. La montée a pris plus de temps que prévu, la route revenant sans cesse sur elle-même à travers des rideaux de caféiers, et le temps qu’on atteigne les 1 515 mètres, mes oreilles avaient déjà claqué deux fois et l’air était devenu frais et léger, comme un petit miracle après des semaines d’humidité à Chennai.

Le village s’organise tout entier autour du lac Yercaud, que les habitants surnomment aussi le Lac Émeraude, et le nom de Yercaud prend tout son sens dès qu’on le voit : “yeri” pour le lac, “kaadu” pour la forêt, les deux mots fondus dans le lieu lui-même. On a loué une barque pour moins cher qu’un café à Mexico, et on a ramé devant des familles pique-niquant sur les berges, l’eau véritablement émeraude sous la lumière de l’après-midi, cernée de collines couvertes de plantations de café, ponctuées de temps en temps par un bosquet d’orangers qui faisait éclater sa touche orange dans tout ce vert.

Rowboats on the calm emerald water of Yercaud Lake with forested hills behind

Un soir, on a marché jusqu’à Lady’s Seat, arrivant juste au moment où la lumière commençait à dorer la vallée, puis le lendemain matin jusqu’à Pagoda Point, où la brume ne s’était pas encore tout à fait levée et où le paysage apparaissait et disparaissait par vagues. Les chutes de Kiliyur ont demandé plus d’efforts, une descente raide qui a fait râler Lia sur la remontée avant même qu’on ait atteint le bas, mais les chutes elles-mêmes, tombant dans une gorge étroite, valaient chaque pas. Le dernier après-midi, on est montés jusqu’au temple Shevaroy, dédié à la déesse Servarayan, dont le nom a donné le sien à toute la chaîne de montagnes — un lieu modeste et sans hâte, qui m’a semblé la juste façon de conclure un voyage resté tranquille du début à la fin.

Mist drifting over the Shevaroy Range hills seen from a viewpoint near Yercaud

Mais ce qui m’est resté le plus, c’est le petit-déjeuner à notre pension : un café local, encore légèrement fumé, et une assiette de bananes poussées quelque part sur la pente juste à côté. Rien de spectaculaire, juste du bon café dans un village tranquille qui ne m’a jamais donné l’impression de devoir me battre contre la foule pour profiter de la vue.

Quand y aller : Privilégiez la période d’avril à juin ou d’octobre à février, quand l’air frais et le ciel dégagé de Yercaud sont à leur meilleur, bien avant ou bien après que la mousson ne rende ces routes en lacets périlleuses.