La caldeira volcanique verdoyante du cratère de Deriba avec son lac bleu, massif du Gebel Marra, Darfour, Soudan
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Gebel Marra

"Du vert. Après des jours de désert, la couleur semblait improbable."

Un massif volcanique culminant à 3 000 mètres au cœur plat du Darfour, avec ses lacs de cratère, ses cascades et un écosystème si différent du désert environnant qu'arriver ici donne l'impression que le paysage a commis une erreur en votre faveur.

Un autre Soudan

Tout ce qui définit le Soudan pour la plupart des gens — le désert plat, la chaleur ardente, le ciel pâle écrasé tout près de l’horizon — est absent du Gebel Marra. Le massif s’élève des plaines du Darfour jusqu’à plus de 3 000 mètres en son point culminant et crée son propre climat : des températures plus fraîches, des précipitations plus régulières, une verdure persistante dans les vallées et sur les versants exposés au nord, véritablement saisissante après des jours passés dans le paysage environnant. Le contraste, lorsqu’on y grimpe depuis la plaine soudanaise aride, est l’une des transitions environnementales les plus abruptes dont je me souvienne avoir fait l’expérience.

C’est un territoire compliqué à visiter et je tiens à être honnête là-dessus. La situation politique du Darfour est instable depuis des décennies, et l’accessibilité du Gebel Marra dépend directement des conditions de sécurité dans la région environnante. Lors de périodes de stabilité relative, la montagne a été accessible avec un encadrement et des permis appropriés. Mais la situation change, et vérifier soigneusement les conditions actuelles n’est pas optionnel — c’est le point de départ de toute planification.

La caldeira de Deriba

Le sommet du Gebel Marra est une vaste caldeira volcanique appelée Deriba, qui renferme deux lacs de cratère imbriqués l’un dans l’autre — un lac extérieur d’eau saumâtre entourant un lac d’eau douce plus petit et plus profond, niché dans un cône intérieur. La caldeira mesure environ 5 kilomètres de diamètre et les lacs visibles depuis le rebord produisent une combinaison de bleu sur bleu, contre les parois vertes de la caldeira environnante, qui justifie chaque kilomètre difficile parcouru pour y parvenir.

Le lac intérieur est considéré comme sacré par le peuple Four local et joue un rôle dans les cérémonies destinées à faire venir la pluie. J’ai parcouru lentement le rebord de la caldeira, m’arrêtant fréquemment, tâchant de mémoriser une vue dont j’étais à peu près certain que je n’aurais pas une seconde occasion de la revoir. L’altitude rendait l’air véritablement frais — un temps à porter une veste au Soudan, ce qui m’avait semblé un concept absurde lorsque j’avais planifié le voyage dans la chaleur de Khartoum.

Le réseau de wadis

Les rivières de la montagne s’écoulent vers l’extérieur à travers un réseau de wadis — des lits de rivière saisonniers — qui creusent des vallées spectaculaires dans les flancs du massif. Pendant les mois les plus humides, des cascades apparaissent ; à la saison sèche, l’eau se retire dans des vasques situées dans les sections inférieures. Les vallées abritent de petites communautés agricoles four, avec des champs en terrasses et des pâturages pour le bétail. Le peuple Four cultive cette montagne depuis des siècles, et son système agricole — complexe, adapté aux régimes de précipitations particuliers des différentes altitudes — est aussi impressionnant que le paysage lui-même.

J’ai traversé un village où le mil et le sorgho poussaient sur des terrasses creusées dans un flanc de colline qui plongeait abruptement dans une vallée. Des femmes battaient le grain. Un homme m’a expliqué, par un mélange d’arabe et de patience, que le système de terrasses que cultivait sa famille avait été bâti par le grand-père de son grand-père. Il m’a montré les réparations qu’il avait faites au mur la saison passée, passant la main le long de la pierre fraîche.

La descente et ce qui demeure

Redescendre du Gebel Marra vers la plaine soudanaise est l’inverse de l’expérience de l’arrivée : le vert recule, la température grimpe, l’horizon redevient plat. Au moment où le désert s’impose pleinement, la montagne derrière n’est plus qu’une masse sombre sur la ligne d’horizon, indiscernable de tout autre relief si l’on ignorait ce qu’elle renferme.

J’y ai pensé pendant presque tout le trajet du retour. Il existe des lieux qui transforment votre perception de ce qu’est un pays. Le Gebel Marra a fait cela pour le Soudan.

Quand y aller : d’octobre à mars pour les conditions les plus praticables — des températures plus fraîches en montagne (15-22 °C au niveau de la caldeira) et des pistes plus sèches. Juillet-septembre est la saison des pluies, lorsque les cascades coulent mais que les pistes deviennent impraticables. CRUCIAL : vérifiez minutieusement et récemment les conditions de sécurité au Darfour avant toute planification. L’accès nécessite des permis gouvernementaux et ne devrait être entrepris qu’avec un guide organisé localement et disposant d’une connaissance actuelle du terrain. Ce n’est pas une destination pour un voyage indépendant et autonome.

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