Falaises verdoyantes du Cirque de Salazie avec des cascades dévalant les parois volcaniques
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Cirque de Salazie

"On est entrés dans les nuages en voiture et on en est ressortis trempés, souriants, définitivement conquis."

Le plus vert et le plus humide des trois cirques volcaniques de La Réunion, où les cascades ruissellent de chaque falaise et le village de Hell-Bourg attend au bout de la route.

On avait été prévenus au sujet de Salazie avant même de quitter Saint-Denis. « Là-haut, il pleut tout le temps », nous avait dit un type de notre pension, mi-désolé, mi-fier, comme s’il parlait d’un parent difficile qu’il aimait quand même. Il n’avait pas tort. Salazie est le plus humide des trois grands cirques de La Réunion — Cilaos, Mafate, et celui-ci — tous les trois façonnés par des siècles d’érosion autour du Piton des Neiges, le volcan éteint qui a bâti l’île tout entière. Mais personne ne dit que c’est justement cette pluie qui donne au lieu son allure : chaque paroi rocheuse ruisselante de vert, des fougères poussant de biais à même la roche, des cascades surgissant là où on n’imaginerait même pas que l’eau puisse se frayer un chemin.

La route qui monte épouse la paroi du cirque, et à mi-hauteur, dans un virage, elle nous est apparue : la Voile de la Mariée, se divisant en une dizaine de fins rubans argentés sur la roche volcanique noire. Lia m’a fait m’arrêter alors qu’il n’y avait pas vraiment d’endroit pour se garer. On est restés sur le bas-côté une bonne dizaine de minutes à la regarder, aspergés par les embruns depuis cinquante mètres. J’ai vu des cascades plus impressionnantes ailleurs, mais il y a quelque chose dans la façon dont celle-ci s’étale, sans hâte, comme si elle faisait exactement ça depuis bien avant qu’on construise une route pour venir l’admirer.

Voile de la Mariee waterfall cascading in thin strands down a volcanic cliff face

Hell-Bourg lui-même, niché plus profondément dans le cirque, donnait l’impression d’entrer dans un autre siècle. Des cases créoles aux boiseries sculptées et aux volets peints dans des couleurs qui ne devraient pas aller ensemble mais qui, pourtant, fonctionnent, des toits en lauzes luisants de la dernière averse, des vieux jouant aux cartes sous un porche couvert pendant qu’il bruinait dehors. On a déjeuné à une petite table installée dans ce qui ressemblait à un garage reconverti — un rougail saucisse avec un riz tellement bon que j’ai demandé, un peu gêné, une deuxième portion. Tout le cirque se trouve dans le Parc national de La Réunion, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2010, et en marchant dans Hell-Bourg, on comprend pourquoi on a pris la peine de le protéger — pas seulement le paysage, mais un mode de vie resté remarquablement intact là-haut, à moitié caché dans les nuages.

Creole houses with carved wooden trim lining a quiet street in Hell-Bourg village

Au moment où on est repartis, la brume de l’après-midi était retombée et avait avalé la moitié des falaises qu’on avait photographiées le matin même. Lia a dit qu’on aurait dit que le cirque tirait le rideau sur nous, et honnêtement, ce n’était pas faux.

Quand y aller : Privilégiez la saison sèche, à peu près de mai à novembre, quand les parois du cirque et les cascades restent réellement visibles au lieu de disparaître dans les nuages — même si, même là, mieux vaut emporter une veste de pluie. Salazie mérite bien sa réputation.