Une canopée de forêt tropicale subtropicale nappée de brume dans le Lamington National Park avec une cascade tombant entre des arbres anciens
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Lamington National Park

"À une heure du surf, et pourtant un tout autre monde."

Une forêt tropicale subtropicale ancienne le long de la McPherson Range, dense de cascades et de faune, avec un silence qui fait paraître la skyline de la Gold Coast d'un autre continent.

La route vers Lamington depuis la côte vous fait passer des villes balnéaires et des lotissements en bord de canaux à des épingles à cheveux à travers un pays de vaches laitières, puis, brusquement, dans une forêt tropicale si ancienne et si dense qu’elle donne l’impression d’un climat différent plutôt que d’une simple altitude différente. J’ai logé près de Binna Burra, l’un des deux points d’accès, dans une cabane en bois où la bande-son du soir était faite de cigales montant en un mur de bruit puis, tout aussi soudainement, du silence rompu par quelque chose se déplaçant dans les sous-bois que j’ai choisi de ne pas trop chercher à identifier.

La lumière du soleil filtrant à travers des figuiers étrangleurs anciens et des fougères arborescentes dans la canopée de la forêt de Lamington

Le parc protège l’un des plus grands massifs de forêt tropicale subtropicale restants en Australie, inscrit au patrimoine mondial des forêts du Gondwana, et en la traversant à pied on comprend pourquoi ce classement existe — des hêtres antarctiques anciens, certains vieux de plus de trois mille ans, aux troncs contrefortés et couverts de mousse, poussant aux côtés de figuiers étrangleurs qui ont lentement tué leurs arbres hôtes au fil des siècles. Le Border Track entre Binna Burra et O’Reilly’s parcourt vingt et un kilomètres le long de la crête qui marque la frontière entre le Queensland et la Nouvelle-Galles du Sud, à travers une forêt qui alterne constamment entre hêtres, palmiers et eucalyptus clairsemés à mesure que l’altitude et le sol changent sous les pieds. Je l’ai fait en une longue journée de marche et suis arrivé à O’Reilly’s avec des jambes qui avaient des opinions et une réticence sincère à laisser la forêt derrière moi.

Ce que Lamington fait mieux que presque partout ailleurs en Australie, ce sont les oiseaux. Le jardinier royal, le mâle affichant une combinaison improbable de noir et d’or, s’est présenté sur la véranda d’O’Reilly’s quelques minutes après mon arrivée, visiblement bien conscient que touristes riment avec miettes, et les perruches à tête bleue étaient assez audacieuses pour se poser sur ma main quand j’ai tendu une paume de graines que le personnel m’avait pourtant déconseillé de faire — je l’ai fait quand même. Au crépuscule, les pademelons — de petits wallabies discrets — sortent en lisière de forêt, et avec de la patience et du silence, on peut parfois apercevoir un ornithorynque dans le ruisseau sous Python Rock.

Un jardinier royal coloré perché sur une branche de la forêt tropicale, son plumage noir et or vif contre le vert

La passerelle en canopée près d’O’Reilly’s — une série de ponts suspendus tendus entre des figuiers à trente mètres de hauteur — offre une vue horizontale rare sur une canopée de forêt tropicale que la plupart des gens ne voient jamais que d’en bas, épiphytes et fougères corne d’élan poussant sur des branches à hauteur des yeux, tout le sous-bois soudain visible d’en haut.

Quand y aller : D’avril à octobre, on évite le pire de l’humidité et des orages de l’été, avec des vues plus dégagées depuis les belvédères de l’escarpement. Les nuits d’hiver en altitude deviennent vraiment froides, il faut donc prévoir des vêtements chauds même si la journée a commencé à la plage.