Le lac Memphremagog vu du bord de l'eau à Magog, des voiliers sur l'eau avec le mont Orford visible au loin
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Magog et le lac Memphremagog

"Memphremagog, c'est un lac unique avec un littoral partagé entre deux pays, et Magog a hérité de la plus belle moitié de la vue."

Un lac qui traverse la frontière américaine, une ville de bord de lac faite pour la flânerie, et une abbaye bénédictine qui fabrique du fromage sur la rive d'en face.

Le lac Memphremagog s’étire vers le sud depuis Magog sur près de cinquante kilomètres, traversant la frontière jusqu’au Vermont avant de se terminer, et il y a quelque chose qui me touche, discrètement, dans un lac qui ignore aussi simplement une frontière nationale que celui-ci. Debout sur la promenade riveraine de Magog, à regarder des voiliers louvoyer sur une eau qui devient américaine quelque part au-delà de l’horizon, je pensais à quel point la frontière paraissait arbitraire vue d’ici — le lac ne sait pas qu’il est censé appartenir à deux pays, et les poissons non plus, d’ailleurs.

Magog elle-même est une véritable ville-station de bord de lac, construite le long d’une large promenade piétonne où Lia et moi avons passé une très bonne heure à ne rien faire d’autre que manger de la glace et regarder des familles mettre des planches à pagaie à l’eau. La rue Principale s’élève depuis le rivage, bordée du genre de boutiques et de terrasses qui rendent une ville facile à parcourir sans but précis — exactement l’état d’esprit dans lequel nous étions. La ville a le vernis touristique d’un endroit comme Annecy, sans la foule, sans les prix, avec en plus une aisance bien québécoise sur l’ensemble.

La promenade riveraine de Magog sur le lac Memphremagog, des gens flânant devant des cafés avec des voiliers amarrés plus loin

La vraie raison de notre détour, cependant, c’était Saint-Benoît-du-Lac, l’abbaye bénédictine sur la rive ouest du lac, à une vingtaine de minutes de Magog. Des moines y vivent depuis 1912, et ils soutiennent l’abbaye en partie grâce à la fabrication de fromage — un bleu appelé Bleu Bénédictin et un Ermite à pâte molle que je pourchassais dans les fromageries du Québec depuis un an avant de finalement l’acheter à la source. L’église abbatiale offre des offices de chant grégorien ouverts aux visiteurs, et me tenir dans cette nef de pierre sobre et lumineuse, à écouter les moines chanter en regardant le lac à travers des fenêtres de verre clair, a été l’une des heures les plus étonnamment émouvantes de tout le voyage. Lia, qui n’est pas croyante au sens conventionnel, est restée silencieuse un long moment après coup.

L'abbaye de Saint-Benoît-du-Lac sur la rive du lac Memphremagog, des bâtiments en pierre blanche parmi les vergers avec le lac derrière

Nous avons acheté un morceau d’Ermite, un pot de cidre de l’abbaye, et sommes retournés en voiture à Magog pour manger les deux sur un banc face à l’eau, ce qui est à peu près la meilleure façon que je puisse recommander de passer un après-midi dans les Cantons.

Quand y aller : Juillet et août pour vivre pleinement l’ambiance riveraine et les activités nautiques — baignade, voile, planche à pagaie. Fin septembre à octobre pour les couleurs d’automne sur les collines qui ceinturent le lac, avec le mont Orford en toile de fond spectaculaire. L’abbaye vaut le détour en toute saison ; vérifiez à l’avance les horaires des offices chantés.