Un café italien classique sur le boulevard Saint-Laurent dans la Petite Italie de Montréal, avec une enseigne vintage d'espresso
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Petite Italie de Montréal

"La Petite Italie est le seul quartier de Montréal où l'espresso vous répond si vous vous trompez en le commandant."

Un espresso servi avec un sérieux absolu, des parties de bocce qui ne semblent jamais finir, et un quartier qui n'a jamais tout à fait lâché le vieux pays.

Le Café Italia, sur le boulevard Saint-Laurent, est le genre d’endroit qui vous donne l’impression d’être jugé dès la commande — pas méchamment, mais avec l’assurance totale d’une salle qui prépare le même espresso de la même façon depuis 1955 et ne voit aucune raison d’en débattre davantage. Nous nous sommes tenus debout au comptoir parce que la poignée de tables était occupée par des vieux messieurs qui semblaient là depuis l’ouverture, regardant du football sur un téléviseur perché dans un coin, et l’espresso, une fois servi, a justifié chaque once de la confiance de la maison. Lia, qui prend son café plus au sérieux que je ne prends la plupart des choses dans la vie, l’a déclaré le meilleur qu’elle ait bu hors d’Italie, et ce n’est pas une phrase qu’elle lance à la légère.

L'intérieur vintage du Café Italia dans la Petite Italie de Montréal, des clients au comptoir et un mur de souvenirs liés à l'espresso

Le quartier s’est formé au fil des vagues d’immigration italienne du début et du milieu du XXe siècle, et bien qu’une grande partie de la population italienne de Montréal ait depuis déménagé plus loin vers Saint-Léonard, le cœur commercial autour de Saint-Laurent et Dante est resté obstinément, merveilleusement lui-même — des fromageries avec des meules de parmesan grosses comme des pneus de voiture, des bouchers ficelant des saucisses à la main en vitrine, une quincaillerie qui vend encore des boules de bocce comme un article de tous les jours. Nous avons regardé un groupe d’hommes jouer à la bocce dans le petit parc près de l’église Notre-Dame-de-la-Défense un après-midi de semaine, la partie avançant à un rythme qui laissait deviner que personne là-dedans n’avait quoi que ce soit d’autre à faire, jamais.

L’église elle-même, Notre-Dame-de-la-Défense, abrite une fresque au plafond qui a causé un véritable scandale à sa réalisation en 1933 — Mussolini y est représenté à cheval parmi les figures religieuses, un détail que la paroisse a depuis contextualisé plutôt que retiré, et que la guide qui nous a fait entrer nous a expliqué avec une patience lasse et rodée, laissant deviner qu’elle avait répondu à cette question mille fois avant nous.

Des marchands et des clients à un étal d'épicerie italienne sur la rue Dante, avec des salamis suspendus et des meules de fromage

Le marché Jean-Talon borde directement le quartier, et les deux se confondent sans aucune frontière nette — les marchands du marché sont des commerçants de la Petite Italie, et les commerçants de la Petite Italie font leurs courses au marché, toute la zone fonctionnant sur une économie alimentaire tellement imbriquée qu’il est difficile de dire où l’un finit et où l’autre commence.

Quand y aller : Toute l’année pour les cafés et les épiceries, mais un après-midi chaud entre mai et septembre reste idéal pour regarder les parties de bocce au parc et manger une glace dehors plutôt que debout au comptoir.