La large plage de sable et l'eau libre du Lac-Saint-Jean au coucher du soleil, aucune rive opposée visible
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Lac-Saint-Jean

"Le Lac-Saint-Jean est assez grand pour qu'on en oublie que c'est un lac, et les habitants semblent préférer que ce soit ainsi."

Une mer d'eau douce bordée de plages de sable et de champs de bleuets, avec une culture — et un poisson — bien à elle, nichée derrière les Laurentides à une heure au nord du fjord du Saguenay.

Lia m’a demandé, non sans raison, pourquoi nous roulions vers un lac alors que nous avions passé les trois jours précédents à chasser les baleines le long d’un fjord. Je n’avais pas de bonne réponse jusqu’à ce que nous arrivions réellement au Lac-Saint-Jean et que nous nous tenions sur la plage de Saint-Gédéon, à regarder une eau sans aucune rive opposée en vue — véritablement grand comme un lac au sens où le lac Michigan l’est, une étendue d’eau qui se comporte comme une mer intérieure, avec de vraies plages de sable et, par un après-midi venteux, de vrais moutons blancs. Le lac couvre plus de mille kilomètres carrés et repose dans un bassin creusé par les mêmes forces glaciaires qui ont façonné le Saguenay, qu’il alimente par la rivière du même nom.

La culture régionale ici est suffisamment distincte du reste du Québec pour que les habitants se désignent eux-mêmes comme Jeannois avec une vraie précision, et la cuisine le reflète : la tourtière du Lac-Saint-Jean, une version bien plus grande et rustique du plat que l’on trouve ailleurs dans la province, cuite pendant des heures dans un plat profond avec des viandes en cubes et des pommes de terre plutôt qu’une farce hachée, et l’ouananiche — un saumon d’eau douce que l’on trouve presque nulle part ailleurs — qui se retrouve fumée, grillée, et servie avec une fierté locale qui frôle la susceptibilité si vous suggérez qu’elle a le goût de la truite.

Une large plage de sable sur le Lac-Saint-Jean avec des familles dans des eaux peu profondes comme à marée basse, le lac s'étendant jusqu'à l'horizon

Nous avons parcouru une partie du lac sur la Véloroute des Bleuets, un circuit cyclable qui fait le tour complet du lac sur plus de 250 kilomètres, traversant le pays du bleuet qui donne son nom à la route — le Lac-Saint-Jean produit une part disproportionnée des bleuets sauvages du Québec, et un kiosque sur deux en bordure de route en juillet et août les vend au panier, en plus du vin de bleuet, de la tarte aux bleuets, et d’une bière au bleuet meilleure que je ne m’y attendais. La section que nous avons parcourue, entre Saint-Gédéon et Métabetchouan, longeait le littoral à travers des terres agricoles avec le lac visible presque tout le long, plate, facile, et étonnamment pittoresque pour le peu d’attention qu’elle reçoit en dehors de la région.

Des cyclistes sur la Véloroute des Bleuets longeant le littoral du Lac-Saint-Jean à travers des terres agricoles de bleuets

Les plages elles-mêmes sont la vraie surprise si vous n’avez entendu parler du Lac-Saint-Jean que comme destination de pêche — de longues étendues de sable pâle à Saint-Gédéon, Sainte-Monique et Roberval qui rappellent davantage un littoral des Grands Lacs que tout ce que la plupart des gens associent au Québec, assez chaudes pour une vraie baignade dès la mi-juillet, quand l’eau peu profonde se réchauffe plus vite qu’on ne s’y attendrait si loin au nord.

Quand y aller : Juillet et août pour la baignade, le vélo sur la Véloroute des Bleuets, et la pleine saison du bleuet. Début septembre pour des plages plus tranquilles et le début de la saison de pêche à l’ouananiche.