Le marché du samedi sur la 3e Avenue à Limoilou un matin d'été, étals de légumes et foule sous un ciel lumineux, vieux immeubles de brique derrière
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Limoilou

"Limoilou a l'énergie d'un quartier qui profite de sa propre renaissance sans en faire tout un plat."

Mon Airbnb à Limoilou coûtait la moitié de l’équivalent dans le Vieux-Québec, et l’hôte m’avait laissé un mot qui disait : « le Marché du Vieux-Port est bien mais notre marché sur la 3e Avenue le samedi matin est mieux. » Ça s’est avéré exact avec une conviction que j’ai trouvée impressionnante. Le marché se tient de mai à octobre sur la 3e Avenue, une longue succession d’étals sous auvents vendant ce que les fermes autour de Québec produisent cette semaine-là — chou-rave et capucines en juillet, courges et céleri-rave en octobre, sirop d’érable de forêts spécifiques, fromages au lait cru de vaches spécifiques. J’y suis allé deux fois et j’ai mangé debout les deux fois : d’abord une crêpe au fromage frais et miel local d’une femme qui vendait aussi toute la gamme de teintures de son apiculteur depuis une table pliante, puis un contenant de truite fumée avec des crackers que j’ai emporté sur un banc du petit parc et mangé avec les mains.

Le marché du samedi sur la 3e Avenue à Limoilou, étals avec légumes et les vieux immeubles en brique du quartier derrière

Limoilou est un quartier en grille d’immeubles du début du XXe siècle — trois étages, brique, le rez-de-chaussée souvent un dépanneur, un coiffeur ou une laverie. Il a été construit comme logement ouvrier pour les travailleurs de l’usine Dominion Corset et des Quebec Ship Chandlers et des autres industries qui longeaient le front de mer. Ces industries ont décliné, le quartier est tombé dans le schéma familier de désinvestissement et de changement démographique, puis il a été refait — doucement, de l’intérieur. Les épiceries de coin sont devenues des bars à vin, les anciens espaces d’usine sont des studios d’enregistrement et des ateliers de céramique, et la population est jeune et en grande partie francophone avec des poches de communautés nouvellement arrivées d’Haïti, du Maroc et des Philippines. La combinaison produit une texture de rue véritablement vivante d’une façon que le Québec de la zone touristique n’atteint jamais tout à fait.

La scène gastronomique le reflète. Gros Jambon rue Masson est un petit bar à charcuterie et vins naturels devant lequel je suis passé quatre fois avant d’entrer — ça semblait trop petit pour valoir l’arrêt, et j’avais tort. Ils font tout maison : les pâtés, les rillettes, les petites assiettes qui arrivent avec du pain cuit le matin même. La carte des vins est courte et entièrement naturelle, et la personne qui servait expliquait chaque bouteille comme si elle était véritablement intéressée par le fait que je l’apprécierais, ce qui est l’attitude envers le vin que je trouve la plus séduisante.

Un bar à vin de coin de rue dans un bâtiment de brique reconverti à Limoilou, lumière du soir sur la façade, ardoise de menu en vitrine

En marchant dans Limoilou à 19h un mercredi, je suis passé devant ce qui semblait être tout le quartier sur ses balcons — une forme spécifique de vie publique québécoise, le balcon comme salon extérieur, la conversation se déroulant à plein volume entre les bâtiments. En été, le son de multiples conversations simultanées sur les balcons a une qualité que je ne peux décrire que comme festive, communautaire et privée à la fois. J’ai compris, en marchant dessous, pourquoi ce quartier a attiré des gens qui veulent vivre à Québec sans vivre dans un musée.

Quand y aller : De mai à octobre pour le marché du samedi et la saison des balcons. La scène restaurants et bars du quartier fonctionne toute l’année. Le festival de quartier Petit Limoilou fin août est véritablement local plutôt que touristique et vaut la peine d’y caler une visite.