Le lac Pink dans le parc de la Gatineau, entouré d'une forêt verte dense, vu depuis le sentier de belvédère au-dessus
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Parc de la Gatineau

"Le parc de la Gatineau prouve qu'une région capitale n'a pas à choisir entre les édifices gouvernementaux et une nature sauvage authentique — il lui suffit de protéger la colline derrière eux."

361 kilomètres carrés de forêt et de lacs laurentiens à quelques minutes d'une capitale fédérale — la nature sauvage qu'Ottawa-Gatineau garde dans sa poche arrière.

Nous avons roulé vers le nord depuis Gatineau un samedi matin, en nous attendant à un agréable parc municipal, et avons trouvé à la place quelque chose de bien plus sauvage : 361 kilomètres carrés de forêt laurentienne, traversés de lacs et de crêtes, protégés depuis les années 1930 et jamais aménagés comme finit par l’être tant de terrain aussi proche d’une grande ville. Les collines de la Gatineau marquent la bordure sud du Bouclier canadien, et en y montant, le paysage change vite — la vallée fluviale plate cède la place à des affleurements de granit et à une forêt de feuillus en un quart d’heure de route depuis le centre-ville.

Le lac Pink fut notre premier arrêt, et c’est la curiosité emblématique du parc : un lac méromictique, ce qui signifie que ses eaux profondes ne se mélangent jamais à la couche de surface, créant un écosystème stratifié où une eau de fond privée d’oxygène abrite des bactéries qu’on ne trouve presque nulle part ailleurs sur le continent. Le lac lui-même affiche un vert-bleu saisissant, encerclé par un sentier forestier que nous avons mis environ une heure à parcourir. J’avais déjà lu sur les lacs méromictiques, mais je n’avais jamais vraiment saisi le concept avant de me tenir au-dessus de l’un d’eux, à observer la couleur changer avec la lumière.

Le lac Pink dans le parc de la Gatineau, son eau vert-bleu distinctive visible à travers une trouée du couvert forestier environnant

Le belvédère Champlain, à une courte distance en voiture plus loin dans le parc, offre la vue qui justifie à elle seule tout le déplacement — un panorama qui s’étend sur la vallée de l’Outaouais depuis le bord de l’escarpement d’Eardley, où le Bouclier canadien tombe brusquement vers la plaine en contrebas. Nous y sommes allés au début octobre, et la forêt d’érables et de chênes couvrant l’escarpement virait en vagues superposées de rouge et d’or, avec la plate campagne agricole du fond de vallée s’étirant, pâle et lointaine, sous elle. Le domaine Mackenzie King, ancienne résidence d’été du premier ministre canadien ayant exercé le plus longtemps, se trouve aussi dans le parc — une propriété étrange et mélancolique, remplie de ruines délibérément installées que King a importées et disposées en folies pittoresques, à côté de son véritable chalet, préservé comme un petit musée.

La vue depuis le belvédère Champlain sur la vallée de l'Outaouais en automne, la forêt de l'escarpement d'Eardley en plein rouge et or

En hiver, le parc se transforme en l’un des meilleurs réseaux de ski de fond entretenus de l’est du Canada, avec plus de 200 kilomètres de sentiers entretenus par la Commission de la capitale nationale, allant des boucles douces en bord de lac aux tronçons escarpés d’arrière-pays le long de l’escarpement.

Quand y aller : de la mi à la fin octobre pour les couleurs automnales le long de l’escarpement, qui rivalisent avec tout ce qu’on trouve à Charlevoix tout en demandant beaucoup moins de route. L’hiver pour le ski de fond et la raquette. L’été apporte la baignade au lac Philippe et au lac Meech, même si ce dernier a un stationnement limité qui se remplit tôt le week-end.