La Grande Allée en été avec les terrasses de restaurants débordant sur le large trottoir sous les arbres, le parlement de Québec visible en arrière-plan
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Grande Allée

"Les terrasses de la Grande Allée, c'est là où Québec oublie d'être sérieux — ce qui se produit à peu près tous les soirs de mai à septembre."

La Grande Allée commence là où la Vieille Ville se termine, surgissant de la Porte Saint-Louis avec une assurance expansive que les ruelles étroites de la ville fortifiée ne permettent pas. Le boulevard s’élargit immédiatement, flanqué de manoirs Second Empire aux toits mansardés et façades décorées qui furent construits quand la classe professionnelle québécoise voulait démontrer, visiblement et en pierre, qu’elle avait réussi. Ces manoirs abritent désormais des restaurants, des halls d’hôtel et des bureaux gouvernementaux, et en été leurs rez-de-chaussée s’ouvrent entièrement sur le trottoir sous forme de terrasses — plateformes extériores surélevées avec des chauffages au gaz, trop de menus et une densité de pichets de bière blonde que j’ai trouvée touchante plutôt qu’agaçante. Tout le monde sur la Grande Allée en été fait la même chose : décider de ne pas rester à l’intérieur.

La Grande Allée sous la lumière du soir d'été avec les terrasses pleines et les passants sur le large boulevard

J’ai passé un après-midi à marcher toute la longueur du boulevard, de la porte aux Plaines d’Abraham à l’extrémité ouest. L’édifice du parlement ancre l’extrémité est : une structure Second Empire d’une gravité animée, décorée de statues de bronze de figures de l’histoire québécoise. La fontaine devant lui coulait dans la chaleur de l’après-midi, et des enfants couraient sous les jets d’eau pendant que leurs parents s’asseyaient sur l’herbe. La relation de Québec avec sa propre histoire est visible partout sur la Grande Allée — les noms sur les statues, les dédicaces des bâtiments, les plaques — mais ça ne pèse pas. Ça ressemble à quelque chose qui a été habité.

La culture des terrasses ici est véritablement différente de ce que je connais en France. Le rythme est plus lent, les commandes plus grandes, les conversations plus bruyantes. L’été québécois a une qualité de compensation — les gens extraient le maximum de plaisir de chaque journée chaude, le mettant de côté face à la certitude de ce qui vient. J’ai mangé une assiette de poutine sur une terrasse près de la porte à cinq heures de l’après-midi et personne n’a sourcillé, ce qui est la bonne attitude envers la poutine à cinq heures de l’après-midi.

L'édifice du parlement de Québec sous le soleil de fin d'après-midi, drapeaux et fontaine au premier plan, la Grande Allée s'étendant au-delà

Les Plaines d’Abraham, où la Grande Allée se termine, sont autre chose — le vaste parc en pente où la célèbre bataille de 1759 fut livrée et perdue (ou gagnée, selon entièrement de quel côté on compte). Le parc est maintenant peuplé de promeneurs de chiens, de skieurs de fond et de familles mangeant des sandwichs sur l’herbe. Qu’un champ de bataille aussi déterminant — 15 minutes de combat qui ont changé la langue d’un continent — soit devenu un agréable parc urbain ressemble à la résolution la plus canadienne imaginable.

Quand y aller : De juin à septembre pour la saison des terrasses et les festivals en plein air. Les Plaines d’Abraham s’animent pleinement en été avec des concerts gratuits, notamment le Festival d’été de Québec en juillet, l’un des plus grands festivals de musique en Amérique du Nord. En hiver, les Plaines deviennent une piste de ski de fond et la Grande Allée retrouve son caractère résidentiel.