Des interprètes costumés au Village Québécois d'Antan à Drummondville, debout devant une rangée de bâtiments de bois reconstitués du XIXe siècle
← Québec

Drummondville

"Drummondville a reconstruit tout un siècle du Québec, exprès, et pourtant ça ne ressemble pas à un parc thématique."

Une ville riveraine du Centre-du-Québec où un village d'histoire vivante recrée trois siècles de vie québécoise, avec de vrais feux, de vraies cultures, et aucune ironie.

Drummondville se trouve sur la rivière Saint-François, dans le Centre-du-Québec, une région que la plupart des itinéraires empruntant le corridor Montréal–Québec sautent parce qu’elle n’est ni l’un ni l’autre — et c’est exactement pour cette raison que je voulais la voir. La ville a été fondée comme garnison après la guerre de 1812, nommée en l’honneur d’un lieutenant-gouverneur britannique, et s’est développée en centre manufacturier — le textile, surtout — qui s’est depuis diversifié en une économie locale véritablement variée. Mais ce n’est pas pour ça que les gens y viennent.

La raison, c’est le Village Québécois d’Antan, un site d’histoire vivante en périphérie de la ville qui reconstitue un village québécois complet du XIXe siècle — une soixantaine de bâtiments déplacés ou reconstruits depuis toute la province, disposés le long de rues de terre avec des jardins d’époque et de vrais animaux de ferme. J’y suis allé en m’attendant à un diorama poli et j’ai trouvé quelque chose de bien plus immersif : un forgeron qui forge vraiment le fer, un boulanger qui sort vraiment du pain d’un four à bois, des interprètes en costume qui répondaient aux questions sur la rotation des cultures et le transport fluvial avec une précision réelle, pas un discours répété. Lia a passé un long moment au magasin général, qui vend de véritables bonbons d’époque, et est repartie avec un sac de papier plein de pastilles de réglisse noire dont elle a rapporté qu’elles avaient un goût exactement aussi désagréable qu’elle l’espérait.

Une rangée de maisons de bois reconstituées du XIXe siècle au Village Québécois d'Antan à Drummondville, une charrette tirée par un cheval passant sur la rue de terre

Au-delà du village, Drummondville possède un agréable réseau de parcs riverains le long de la Saint-François, avec un réseau de passerelles piétonnes et un authentique centre-ville de petite taille qui ne joue pas de rôle pour les visiteurs, tout simplement parce qu’il n’est pas construit pour ça. Nous avons mangé dans un casse-croûte qui sert visiblement les mêmes habitués depuis des décennies, commandé un club sandwich de la taille d’une brique, et observé un mardi après-midi dans une ville qui existe entièrement pour les gens qui y vivent — ce qui, après quelques jours dans le Québec touristique, avait quelque chose de reposant.

La lumière du coucher de soleil sur la rivière Saint-François à Drummondville, un pont piétonnier traversant l'eau près du centre-ville

Drummondville organise aussi, chaque hiver, l’une des plus grandes illuminations de Noël de la province, le Village de Noël, qui attire apparemment des visiteurs bien au-delà de la région. Je ne l’ai pas encore vu de mes yeux, mais les photos que j’ai aperçues — des milliers de lumières déployées à travers le village historique — plaident fortement en faveur d’un retour en décembre.

Quand y aller : De mai à octobre pour le Village Québécois d’Antan, qui ferme l’hiver. Début décembre pour le festival des lumières de Noël, si vous passez dans la région pendant les fêtes. L’été pour les parcs riverains et une promenade réellement agréable le long de la Saint-François.