Terrasse Dufferin
"Une promenade en bois avec un dénivelé de soixante mètres, et absolument aucune urgence à ce sujet."
La promenade en bois au sommet de la falaise où toute la ville semble sortir juste pour regarder le fleuve, et se regarder elle-même.
Il existe une façon de marcher qui n’arrive que sur la terrasse Dufferin — lente, sans but, un peu cérémonielle, tout le monde s’arrêtant à la même rampe pour regarder le même fleuve. La promenade longe le sommet du cap Diamant, devant le Château Frontenac, et elle accomplit la seule chose vraiment essentielle qu’un espace public dans une belle ville puisse faire : elle s’efface et vous laisse regarder. J’y suis allé trois fois maintenant, à trois saisons différentes, et chaque fois je me suis retrouvé debout à la rampe plus longtemps que prévu, à observer des cargos, des glaces flottantes, ou une fois, un kayakiste solitaire traversant le Saint-Laurent en octobre, ce qui m’a semblé soit très courageux, soit légèrement fou.

En hiver, la terrasse se transforme en tout autre chose — une glissoire à toboggan y fonctionne depuis les années 1880, une véritable chute de bois à l’ancienne qui vous fait dévaler la falaise à une vitesse qui semble bien plus rapide qu’elle ne l’est probablement. Lia a refusé deux fois avant de se lancer, hurlant tout le long, et a immédiatement voulu recommencer — à peu près la réaction de tout le monde. Sous la terrasse, des fouilles archéologiques ont mis au jour les fondations de l’ancien château Saint-Louis, résidence des gouverneurs français et britanniques, visibles à travers des panneaux de verre intégrés à la promenade elle-même — on se retrouve debout sur quatre siècles à la fois, sans vraiment y penser.

À l’extrémité sud, la terrasse se resserre en promenade des Gouverneurs, un parcours d’escaliers et de passerelles en pente raide qui grimpe vers la Citadelle et les plaines d’Abraham — une marche vraiment spectaculaire si vos genoux sont d’accord, avec toute la gorge du fleuve qui s’ouvre en contrebas à mesure qu’on monte.
Quand y aller : Au coucher du soleil, toute l’année, pour la lumière sur l’eau. L’hiver pour la glissoire à toboggan (elle fonctionne généralement de la fin décembre à mars, selon la météo). Tôt le matin en été pour avoir la promenade presque pour soi avant l’arrivée des groupes de touristes.
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