Carleton-sur-Mer
"Carleton-sur-Mer, c'est la côte gaspésienne dans sa version la plus douce — la baie ici est assez chaude pour vraiment s'y baigner, ce qu'aucun autre coin de la péninsule ne peut revendiquer."
Une ville sur banc de sable au bord de la baie la plus chaude du golfe du Saint-Laurent, avec une montagne derrière elle qui offre toute la baie des Chaleurs d'un seul regard.
Après une semaine à parcourir la côte nord exposée et balayée par le vent de la péninsule gaspésienne, arriver à Carleton-sur-Mer, sur la rive sud, m’a donné l’impression de changer de continent. La ville se trouve sur la baie des Chaleurs — elle porte bien son nom, puisque cette portion d’eau est assez abritée et assez peu profonde pour vraiment se réchauffer pendant l’été, contrairement au golfe ouvert quelques kilomètres plus au nord, où je portais encore un coupe-vent en juillet. Lia est allée se baigner à la plage près de la marina sans la moindre hésitation, ce qu’elle avait refusé de faire partout ailleurs sur ce voyage, et a déclaré que c’était « presque méditerranéen », ce qui est généreux mais pas totalement faux.

L’autre trait marquant de la ville, c’est le mont Saint-Joseph, un sommet de 555 mètres qui s’élève juste derrière le front bâti, avec une route menant à un oratoire sommital et une terrasse panoramique. Nous sommes montés en début de soirée et avons eu droit à la vue qui fait de Carleton un arrêt photo pour la moitié du Québec : la ville étalée le long de son banc de sable, la baie s’étirant vers le sud jusqu’au Nouveau-Brunswick, et par temps vraiment clair, la côte gaspésienne qui se déploie dans les deux directions. L’oratoire lui-même, construit en 1935, est un modeste lieu de pèlerinage, mais la plupart des gens présents au sommet ce soir-là étaient là pour la même raison que nous — la lumière et la géographie, pas la religion.
Carleton porte une histoire acadienne et mi’gmaq bien distincte de l’identité franco-québécoise du reste de la côte ; la ville a été repeuplée par des réfugiés acadiens après le Grand Dérangement, et la communauté mi’gmaq voisine de Gesgapegiag maintient une présence qui précède tout cela. Nous avons dîné dans un petit restaurant de la rue principale qui servait des pétoncles de la baie accompagnés d’une version du fricot, un ragoût acadien que je n’avais pas rencontré avant le Québec — plus corsé et plus herbacé que la tourtière qu’on mangeait plus au nord, un fil culinaire véritablement distinct sur la même péninsule.

Quand y aller : Juillet et août pour la baignade — c’est véritablement l’une des seules options de plage à eau chaude sur toute la côte gaspésienne. La route du sommet du mont Saint-Joseph se visite mieux en fin de journée par lumière claire, une heure ou deux avant le coucher du soleil.
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