Les remparts en étoile de la Citadelle de Québec vus d'en haut, surplombant le fleuve Saint-Laurent
← Québec

Citadelle de Québec

"La plus grande forteresse britannique d'Amérique du Nord, et la ville française continue de vivre en dessous comme si de rien n'était."

Une forteresse en étoile toujours occupée par un régiment actif, perchée sur le point le plus élevé de la falaise, comme si la ville n'avait jamais tout à fait cessé d'attendre une attaque.

La Citadelle occupe le sommet du cap Diamant comme une décision qu’on n’a jamais tout à fait révoquée — un immense fort en étoile amorcé par les Français et achevé par les Britanniques dans les années 1830, conçu pour se défendre contre une invasion américaine qui n’est jamais venue, et pourtant encore aujourd’hui une installation militaire active, foyer du Royal 22e Régiment, les Van Doos. J’y suis allé en m’attendant à un musée et j’ai trouvé quelque chose de plus étrange : une garnison en activité, de vrais soldats en poste, une résidence du gouverneur général du Canada nichée dans les murs, une histoire qui n’avait pas fini de se dérouler.

Des remparts de pierre et des talus herbeux de la Citadelle, avec une vue sur les toits du Vieux-Québec

La relève de la garde a lieu chaque jour l’été à 10 h, avec la mascotte du régiment — une chèvre nommée Batisse, une vraie, défilant avec une indifférence tout à fait militaire au fait d’être observée par trois cents touristes — et c’est le genre de chose qui paraît un peu mièvre sur le papier mais qui, en vrai, se révèle étrangement touchant. Le guide qui a fait visiter notre petit groupe dans les tunnels et les poudrières était un jeune caporal en rotation estivale comme interprète historique, et il a parlé de la double identité du fort — plans français, exécution britannique, présent canadien — avec une fierté toute simple qui semblait très québécoise : aucune illusion sur les strates de l’histoire coloniale, seulement l’insistance à tout revendiquer quand même.

Des canons alignés le long des murs de pierre de la Citadelle, pointés vers le fleuve Saint-Laurent en contrebas

Depuis les remparts, la vue s’ouvre dans toutes les directions — le fleuve, les plaines d’Abraham qui s’étendent vers l’ouest, les tourelles du Château Frontenac qui pointent vers le nord. C’est le meilleur point de vue unique de la ville et, contrairement à la terrasse Dufferin, on y a souvent de longs moments pour soi.

Quand y aller : Les matins d’été pour la relève de la garde (de juin au début septembre, selon la météo). Le Musée du Royal 22e Régiment, à l’intérieur, est ouvert toute l’année si vous voulez l’histoire sans la cérémonie. Apportez un coupe-vent même en juillet — les remparts prennent toutes les rafales venues du fleuve.