Chutes Coulonge
"Les chutes Coulonge font ce qu'une belle chute doit faire — elles vous coupent la parole en plein milieu d'une phrase."
Une chute de 48 mètres près de Fort-Coulonge, avec une histoire de drave du XIXe siècle inscrite dans les parois de la gorge.
Fort-Coulonge est assez loin à l’ouest dans l’Outaouais pour que la plupart des visiteurs de Gatineau n’y mettent jamais les pieds, ce qui est dommage, parce que le parc des Chutes Coulonge, juste à l’extérieur du village, abrite l’une des chutes les plus spectaculaires de la région, sans presque aucune des foules qu’une chute comparable attirerait plus près de Québec. La rivière Coulonge se resserre en gorge et tombe sur 48 mètres à travers une série de paliers avant de s’élargir de nouveau vers la rivière des Outaouais, et la passerelle suspendue qui traverse le sommet de la gorge vous place directement au-dessus de l’eau qui tombe, avec un vide sous les pieds que j’ai trouvé réellement vertigineux la première fois que j’ai regardé droit vers le bas.

La gorge a une histoire industrielle facile à manquer si on ne s’y arrête que pour le paysage : du XIXe jusqu’au XXe siècle, cette portion de la rivière était un corridor majeur de drave pour l’industrie du bois de l’Outaouais, et la roche lisse et rainurée des parois de la gorge a été usée par des décennies de billots glissés à travers le chenal. Il reste une glissoire à billots préservée et des panneaux d’interprétation expliquant l’opération, et debout au pied des chutes, c’est étrange à imaginer — cette même eau, grondant devant nous exactement comme aujourd’hui, transportait autrefois toute une économie régionale, billot après billot, en aval.
Nous avons emprunté le sentier qui descend jusqu’au pied de la gorge, où la brume des chutes se dépose sur la roche moussue et où le bruit change complètement de registre, passant d’un grondement lointain à quelque chose qui ressemble davantage à un mur de son. C’est une courte marche, environ vingt minutes aller-retour depuis la passerelle supérieure, mais elle transforme entièrement les chutes — vues d’en haut, un spectacle ; vues d’en bas, quelque chose de plus proche de la force brute.

Quand y aller : Le printemps pour le débit d’eau maximal, issu de la fonte des neiges, quand les chutes sont les plus spectaculaires. L’été et le début de l’automne pour des conditions de randonnée agréables et une affluence plus calme que les chutes les plus connues de la région.
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