Les tourelles de cuivre et les toits en pente du Château Frontenac s'élevant au-dessus du Vieux-Québec au crépuscule
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Château Frontenac

"Ce n'est pas un château. C'est un hôtel qui en a eu assez de prétendre ne pas en être un."

L'hôtel-château au toit de cuivre qui a décidé, il y a plus d'un siècle, à quoi devait ressembler une ligne d'horizon — et Québec ne lui a jamais donné tort.

Lia a ri la première fois que j’ai appelé le Château Frontenac « l’hôtel le plus photographié au monde », avant d’admettre, vingt minutes plus tard, debout sur la terrasse Dufferin avec tous les téléphones autour d’elle levés au même angle, que j’avais sans doute raison. C’est un bâtiment étrange à assimiler de près — vu de loin, il paraît médiéval, tout en tourelles de cuivre et toits verts en pente raide, mais la pierre a à peine 130 ans, construite par le Canadien Pacifique pour offrir aux riches voyageurs du rail un endroit à la hauteur de leurs attentes théâtrales. Ça a fonctionné. Ça fonctionne toujours. Tous les présentoirs de cartes postales de la vieille ville vendent une version ou une autre de cette silhouette.

Les tourelles et le toit de cuivre du Château Frontenac vus d'en bas, depuis la rue du Trésor, à l'heure dorée

Il n’est pas nécessaire d’être client pour traverser le hall, et je recommande de le faire au moins une fois, ne serait-ce que pour le tapis — un rouge profond, presque agressif — et cette grandeur feutrée qui vous fait baisser la voix sans qu’on ait besoin de vous le demander. Des visites guidées historiques mènent dans des salles que la plupart des clients ne voient jamais, dont une portion de la structure originale de 1893 avant l’ajout des tours ultérieures, et un guide du nom de Marc-André nous a parlé des hôtes qui y ont dormi — Churchill et Roosevelt ont planifié une partie de la Conférence de Québec entre ces murs pendant la Seconde Guerre mondiale, ce qui donne aux couloirs une gravité étrange une fois qu’on sait où regarder. Pour le dîner, le restaurant Champlain, à l’intérieur, propose une excellente version de la tourtière du Lac-Saint-Jean, même si j’avoue que nous y sommes surtout allés pour la vue sur le fleuve gelé plutôt que pour la nourriture, qui était bonne, sans être transcendante.

De la neige saupoudrant la terrasse en contrebas du Château Frontenac, avec le fleuve Saint-Laurent gelé visible au loin

Ce qui m’est resté le plus longtemps, ce n’est pas du tout l’intérieur — c’est d’avoir regardé le bâtiment changer avec la lumière au fil d’un seul après-midi, le cuivre passant du vert au presque noir à mesure que les nuages glissaient au-dessus du fleuve, l’ensemble ressemblant moins à de l’architecture qu’à de la météo.

Quand y aller : En fin d’après-midi, peu importe la saison, pour la lumière sur le toit de cuivre. Réservez la visite historique à l’avance en été — elle affiche complet. Les matins d’hiver après une neige fraîche sont les plus tranquilles et, à mon avis, les plus photogéniques.