Le pont couvert rouge d'Anse-Saint-Jean enjambant la rivière Saint-Jean, avec les collines du fjord en arrière-plan
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Anse-Saint-Jean

"Un village de neuf cents habitants a placé un pont couvert sur le billet national, et une fois qu'on le voit en vrai, on cesse de remettre la décision en question."

Le village du fjord avec le pont couvert qui figure sur le billet canadien de dix dollars — petit, agricole, et posé devant l'un des paysages les plus spectaculaires qu'offre le Saguenay.

J’ai reconnu le pont avant de reconnaître le village, ce qui en dit long sur la façon dont ce minuscule endroit dépasse sa taille. Le Pont Couvert d’Anse-Saint-Jean — un pont couvert rouge enjambant la rivière Saint-Jean, construit en 1929 — a figuré des années durant au dos du billet canadien de dix dollars, et me tenir devant en personne m’a donné une étrange impression de rencontrer une petite célébrité : plus petit que prévu, plus charmant que prévu, et le détour en valait entièrement la peine. Le village qui se dresse derrière, Anse-Saint-Jean, compte moins d’un millier d’habitants et occupe l’un des méandres les plus photogéniques du fjord du Saguenay, là où les collines se resserrent au point que l’eau semble presque enclavée.

Le village s’est développé autour de la foresterie et de l’agriculture plutôt que du tourisme, et cela se sent encore — un chapelet de fermes le long de la vallée, un magasin général, une église dont le clocher reste visible depuis presque tous les points de vue du village. Ce qui a changé la donne, c’est la station de ski, Mont Édouard, bâtie à flanc de colline au-dessus du village dans les années 1990, et la découverte progressive, par les randonneurs et les pagayeurs, qu’Anse-Saint-Jean se trouve à l’un des points d’accès les plus spectaculaires vers le fjord lui-même. Le belvédère au-dessus du village — une courte montée depuis la marina — offre une vue plongeante sur la baie d’Anse-Saint-Jean, vers le corps principal du Saguenay, avec des collines qui s’étirent de part et d’autre d’une façon qui rend soudain lisible toute l’échelle du fjord.

Le village d'Anse-Saint-Jean vu depuis le belvédère de la colline, fermes le long de la vallée avec la baie du fjord du Saguenay au loin

Nous avons loué des vélos dans une boutique près de la marina et roulé sur la route de gravier le long de la rivière Saint-Jean, au-delà du pont couvert, à travers des terres agricoles qui semblaient entièrement déconnectées du paysage de fjord laissé dix minutes plus tôt — champs de foin, bétail au pâturage, ce genre de quiétude agricole sans hâte que le Québec cultive si bien et dont il ne fait pas grand cas. La marina elle-même sert de point de départ pour des excursions en kayak dans le fjord proprement dit, et pagayer depuis Anse-Saint-Jean offre un angle différent sur le Saguenay que les secteurs plus fréquentés du parc national — plus étroit, plus calme, plus proche du village vivant que des infrastructures touristiques.

La vallée de la rivière Saint-Jean près d'Anse-Saint-Jean, terres agricoles et bétail au pâturage avec les collines du fjord au loin

En hiver, le Mont Édouard transforme ces mêmes collines en station de ski réputée chez les Québécois pour ses pistes peu fréquentées et sa neige réellement bonne, avec une fraction du trafic des stations plus proches de Québec ou de Montréal.

Quand y aller : Juillet et août pour le vélo, le kayak et le pont couvert sous une belle lumière. Fin septembre pour les couleurs d’automne le long de la vallée. Décembre à mars pour le ski au Mont Édouard, qui reste étonnamment tranquille même les fins de semaine.