Bâtiments de pierre historiques du Parc de l'Artillerie le long du mur de fortification, dans le Vieux-Québec
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Parc de l'Artillerie

"Un site militaire resté si continuellement utile que personne n'a pensé à en faire un musée avant la toute fin des années 1960."

Trois siècles d'histoire militaire empilés sur un même terrain — casernes françaises, fonderie britannique, et la fabrique de munitions qui a tourné jusqu'en 1964.

J’avoue que le Parc de l’Artillerie ne figurait pas sur ma liste initiale — je suis tombé dessus par hasard, en coupant par la promenade des Remparts près de la Porte Saint-Jean, et j’y ai finalement passé presque tout un après-midi. Ce qui rend le site singulier, ce n’est pas un bâtiment en particulier mais l’empilement des couches : la redoute Dauphine remonte à la construction militaire française des années 1710, les Britanniques ont ensuite converti les casernes et ajouté une fonderie et — voici le détail qui m’a happé — l’ensemble du complexe a continué de fonctionner comme une véritable usine de munitions, produisant des cartouches d’armes légères pour l’armée canadienne, et ce jusqu’en 1964. La plupart des sites militaires historiques cessent d’être des sites militaires des décennies, voire des siècles, avant que quiconque ne songe à les préserver. Pas celui-ci.

Le long bâtiment de pierre des quartiers des officiers au Parc de l'Artillerie, adossé au mur de fortification

Parcs Canada gère le site aujourd’hui, et ce qui m’a marqué le plus, c’est une maquette d’échelle massive de la ville de Québec, construite par des ingénieurs militaires en 1808, longue de plus de douze mètres, montrant chaque bâtiment, chaque mur et chaque rue de la ville telle qu’elle se présentait alors — un exploit d’artisanat miniature véritablement stupéfiant, conçu à l’origine pour la planification défensive, et qui trône maintenant dans un ancien bâtiment de fonderie comme la meilleure façon de comprendre la disposition de la vieille ville avant d’aller l’arpenter soi-même. Les quartiers des officiers, restaurés dans leur apparence des années 1830, offraient une image de la vie de garnison bien moins romantique que je ne l’avais imaginé — exiguë, froide, monotone, un correctif utile à tout fantasme persistant sur les affectations militaires historiques.

La maquette d'échelle de 1808 de la ville de Québec exposée dans l'ancien bâtiment de fonderie du Parc de l'Artillerie

C’est une étape plus tranquille que la Citadelle, à quelques minutes de là, et je dirais qu’elle récompense la curiosité plus que le spectacle — le genre d’endroit où lire lentement chaque panneau finit vraiment par payer.

Quand y aller : L’été, pour un accès complet à tous les bâtiments historiques ; plusieurs sont fermés ou à horaires réduits le reste de l’année. À combiner avec la promenade des Remparts depuis la Porte Saint-Jean, puisque le site se trouve directement sur le trajet.