Le vieux presbytère de pierre de Batiscan sur un promontoire dominant le Saint-Laurent, entouré d'arbres matures dans la lumière de fin d'après-midi
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Batiscan

"Le vieux presbytère de Batiscan se dresse sur ce promontoire depuis 1696 — tout ce qu'il contient est d'origine, ce qui est plus rare qu'il ne devrait l'être."

Une seigneurie riveraine paisible entre Trois-Rivières et Québec où un presbytère de 1696 préserve la texture quotidienne de la Nouvelle-France mieux qu'aucune reconstitution de musée.

J’ai découvert Batiscan presque par accident, une petite halte sur la route 138 entre Trois-Rivières et Québec devant laquelle j’étais passé deux fois sans m’arrêter avant de finalement m’y engager. C’est un petit village à l’embouchure de la rivière Batiscan, l’une des toutes premières seigneuries établies le long du Saint-Laurent, concédée en 1639, et il conserve une qualité que beaucoup de sites restaurés de la Nouvelle-France ont perdue : les bâtiments ici sont en grande partie d’origine plutôt que reconstruits, et la différence se ressent plus que je ne m’y attendais.

Le Vieux Presbytère de Batiscan, construit en 1696, est l’un des plus anciens bâtiments de ce genre encore debout au Québec, et il a été conservé comme musée avec presque tout son mobilier d’origine intact — pas des répliques, mais les véritables chaises, tables et objets religieux utilisés par les prêtres qui y ont vécu pendant près de trois siècles. En traversant des pièces aux plafonds bas, aux planchers usés et aux petites fenêtres profondément enchâssées, je me suis senti plus proche de la texture réelle de la vie quotidienne coloniale que dans n’importe lequel des sites historiques plus grands et plus polis — il y a quelque chose dans l’usure d’origine du bois d’origine qu’aucune reconstitution ne parvient tout à fait à reproduire.

L'intérieur de pierre du presbytère de 1696 à Batiscan, mobilier en bois d'origine et plafonds bas à poutres, éclairés par une petite fenêtre profondément enchâssée

Le terrain descend jusqu’à la rivière, avec un réseau de courts sentiers de promenade à travers des jardins et un verger que les prêtres du presbytère entretenaient eux-mêmes, et une vue sur le Saint-Laurent, vers la rive sud, qui a très peu changé en trois cents ans, à part le passage occasionnel d’un cargo. Je me suis assis sur un banc là-bas plus longtemps que prévu, surtout parce que rien ne me poussait à repartir — un site historique rare, sans hâte, sans boutique de souvenirs pour vous pousser vers la sortie.

Le fleuve Saint-Laurent vu des terrains du presbytère de Batiscan, un cargo passant au loin sous un vaste ciel gris

Batiscan ne remplira pas une journée entière, et ce n’est pas son ambition. C’est une halte d’une demi-heure qui récompense la curiosité pour les pans de l’histoire de la Nouvelle-France qui n’ont pas droit au traitement Château Frontenac — les seigneuries qui travaillaient vraiment, les curés de paroisse, les villages riverains ordinaires qui formaient l’essentiel de la population réelle de la colonie.

Quand y aller : De mai à octobre, quand le musée du presbytère est ouvert et que les jardins riverains sont à leur meilleur. Une bonne halte d’une demi-journée en empruntant la route 138 entre Trois-Rivières et Québec plutôt que l’autoroute plus rapide.