Moustiers-Sainte-Marie
"Je n'arrêtais pas de lever les yeux vers cette étoile au lieu de regarder mon assiette."
Un village accroché à la falaise, connu pour ses faïences émaillées et ses ponts de pierre, veillé par une étoile dorée suspendue entre deux pics calcaires.
Nous sommes arrivés à Moustiers-Sainte-Marie par le côté du Verdon, si bien que la route a longé le bord des gorges un moment avant de nous laisser tomber dans un village qui semblait avoir été glissé exprès dans son ravin. Lia a repéré l’étoile avant moi — un petit point doré suspendu à une chaîne tendue entre les deux falaises, au-dessus des toits. J’avais lu la légende pendant le trajet : un chevalier, revenu des Croisades, l’aurait accrochée là en accomplissement d’un vœu. Qu’on y croie ou non, cette histoire change la façon dont on traverse le village. On ne cesse de lever les yeux, comme on vérifierait une bougie allumée.
Nous avons passé deux nuits dans une petite maison d’hôtes juste en bordure du ravin, assez proche pour que je m’endorme au son du ruisseau qui coule sous les ponts de pierre reliant les deux moitiés du village. Le matin, j’ai pris mon café à une table presque suspendue au-dessus de l’eau, en regardant les commerçants relever les rideaux métalliques des ateliers de faïence — cette céramique émaillée pour laquelle Moustiers est réputé depuis le XVIIe siècle. J’ai acheté à Lia un petit bol peint à la main, avec un motif floral bleu, auprès d’une femme qui avait appris la technique de sa mère. Il trône maintenant sur l’étagère de notre cuisine au Mexique, et chaque fois que je m’en sers, je repense à ce ravin.

Le deuxième matin, nous avons fait la montée jusqu’à Notre-Dame-de-Beauvoir — 262 marches sur un sentier qui serpente à travers les pins nains, le village rapetissant à chaque virage. La chapelle elle-même date du XIIe siècle, et quand nous sommes arrivés, mes jambes brûlaient et cela m’était complètement égal. Nous nous sommes assis sur le muret bas devant l’entrée pendant une bonne vingtaine de minutes, sans trop parler, simplement à contempler les toits de terre cuite et le ruban des gorges au loin. Lia a dit que c’était le genre de vue qui vous fait oublier que vous avez un téléphone dans la poche. Elle n’avait pas tort.

Faire partie des Plus Beaux Villages de France attire du monde à Moustiers, et je comprends pourquoi — tout, ici, les ponts, les ateliers, l’étoile, mérite véritablement le détour. Mais nous étions contents de ne pas y être en août. Nous avons dîné dehors les deux soirs sans avoir besoin de réserver des semaines à l’avance, et nous pouvions vraiment entendre le ruisseau par-dessus la conversation de la table voisine.
Quand y aller : Privilégiez le printemps ou le début de l’automne — la lumière sur les falaises est tout aussi belle, la foule des gorges du Verdon se fait plus rare, et vous n’aurez pas à vous battre pour une table.
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