Une piste pour 4x4 serpentant entre les parois rocheuses étroites et vertigineuses du canyon de Wadi Bani Awf, montagnes du Hajar, Oman
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Wadi Bani Awf

"La carte appelle ça une route. La montagne n'est pas d'accord."

Un itinéraire spectaculaire de canyon tout-terrain à travers les montagnes du Hajar, qui abrite le Snake Canyon et l'une des plus belles routes d'Oman.

Wadi Bani Awf, c’est la route dont on parle à Mascate sur le ton réservé aux confessions. Tout le monde a un avis, la moitié l’a fait dans un véhicule qui n’aurait sans doute pas dû s’y risquer, et tous s’accordent à dire que ça vaut le coup malgré la peur. Ce n’est pas, techniquement, une destination — c’est un itinéraire, une piste de gravier accidentée qui traverse un système de canyons entre Al Hamra et Rustaq, longeant des falaises avec des à-pics qui ne donnent pas envie d’un second regard par la vitre du passager. Nous avons loué un vrai 4x4 avec un chauffeur qui faisait ce trajet assez souvent pour fredonner la radio dans les passages les plus étroits. Cela nous a paru la bonne décision dès les quinze premières minutes.

À Travers la Gorge

La piste se resserre dramatiquement dans une section que les habitants appellent la « route de la gorge du Serpent », se pinçant entre des parois rocheuses assez proches par endroits pour que j’aurais pu toucher les deux côtés depuis la fenêtre du camion, si j’avais été du genre à tenter le coup. Le canyon au-dessus bloque le soleil sur de longues distances, faisant chuter la température et teintant la lumière d’un gris-bleu plat qui donne l’impression de traverser un couloir plutôt qu’un paysage. De temps en temps, les parois s’écartent juste assez pour révéler un village en terrasses accroché à une pente impossible, disparu quelques secondes plus tard quand la piste replonge dans la roche.

Les parois abruptes du canyon se resserrant autour de la piste tout-terrain de Wadi Bani Awf

Snake Canyon

Le canyon latéral connu sous le nom de Snake Canyon — cousin de Wadi Bimmah par la réputation sinon par la géologie — est l’endroit où les adeptes du canyoning descendent, et nous, sagement, ne l’avons pas fait. Un canyon en forme de fente étroite avec une série de bassins, de sauts, et quelques rappels techniques, c’est un parcours de canyoning complet qui exige des cordes, un guide, et une volonté de sauter dans une eau froide dans le noir. J’ai regardé un groupe s’équiper à l’entrée — combinaisons, casques, cette concentration particulière des gens sur le point de faire quelque chose d’un peu effrayant volontairement — et j’ai ressenti un vrai pincement de regret de ne pas l’avoir réservé à l’avance. Lia n’a pas partagé ce regret. Elle a plutôt photographié le bassin d’entrée, une tranche d’eau verte disparaissant entre des parois rocheuses qui se refermaient au-dessus comme un toit.

Le bassin d'entrée étroit de Snake Canyon, avec des parois rocheuses abruptes se refermant au-dessus

Pourquoi la Route Compte Plus Que la Destination

Au moment où nous sommes ressortis de l’autre côté, près de l’embranchement pour Rustaq, j’ai compris pourquoi on décrit Wadi Bani Awf comme une expérience plutôt qu’un lieu. Il n’y a pas un seul point de vue ou repère qui justifie le voyage à lui seul. C’est l’accumulation — la roche qui se resserre, les à-pics vertigineux, les villages surgis de nulle part, le calme total et imperturbable du chauffeur aux moments où mes phalanges blanchissaient sur la poignée de la portière — qui fait de ces deux heures dans le canyon l’un des tronçons de route les plus mémorables que j’aie parcourus dans tout le Golfe.

Quand y aller : D’octobre à avril, en évitant tout risque de pluie — le wadi inonde vite et la piste devient réellement dangereuse, parfois impraticable, après les orages. Toujours y aller en 4x4 et idéalement avec un chauffeur local ; ce n’est pas un itinéraire pour une berline de location ou une première tentative en solo.