The Bay of Islands and Corner Brook's mill skyline seen from a hillside above the city
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Corner Brook

"Corner Brook sent le papier et le sel, et étrangement, ce mélange fonctionne."

Une ville d'usine nichée autour de la Baie des Îles, où l'histoire du papier, les pistes de ski et la route vers Gros Morne se rejoignent.

Nous sommes arrivés à Corner Brook par un après-midi gris, et la première chose qui nous a frappés n’était pas le paysage, mais l’odeur. Ce léger relent soufré flottant sur toute la ville, venu de l’usine de pâte à papier. Lia a plissé le nez, mais j’ai trouvé cela étrangement rassurant, comme si la ville était honnête avec toi sur ce qu’elle est vraiment. Corner Brook est la deuxième ville de Terre-Neuve, et elle doit son existence presque entièrement à cette usine, construite en 1925 et autrefois l’une des plus grandes papeteries de journaux au monde. On ne peut pas vraiment comprendre cet endroit sans comprendre le papier.

Nous avons pris une petite chambre d’hôtes dans une rue qui grimpait raide vers l’eau, et ce soir-là, nous sommes descendus contempler la Baie des Îles. La lumière prenait une teinte douce, couleur d’étain, sur l’eau, et je n’arrêtais pas de penser à James Cook cartographiant exactement cette côte dans les années 1760, des décennies avant de poser les yeux sur Tahiti ou Hawaï. Il y a quelque chose d’humbling à se tenir là où une carrière a commencé, bien avant qu’elle ne devienne légendaire. Lia a montré du doigt un bateau de pêche se faufilant entre deux îles, et nous sommes restés là un moment, sans trop parler.

Fishing boat crossing the Bay of Islands near Corner Brook at dusk

Le lendemain matin, nous sommes entrés au Musée et Archives de Corner Brook, installé dans l’ancien bureau de poste de 1926 — un bâtiment de brique solide et digne qui a survécu à plusieurs versions de la ville qui l’entoure. Je me souviens m’être tenu devant une exposition sur les premiers employés de l’usine et avoir ressenti l’ampleur de la chose : toute une ville convoquée à l’existence par une entreprise papetière. Plus tard, nous avons roulé jusqu’à Marble Mountain, qui, même hors saison, était impressionnante, ses pistes taillées dans la colline comme des cicatrices pâles. Nous n’avons pas skié — mauvais mois pour ça — mais j’ai fait la remarque à voix haute, et Lia a simplement ri en disant « évidemment, on revient en hiver ».

Marble Mountain's ski runs seen from the base in late summer

Ce qui me revient sans cesse à l’esprit avec Corner Brook, c’est qu’elle ne cherche jamais à paraître pittoresque. C’est une ville de labeur qui se trouve être dans un cadre spectaculaire, et c’est aussi la dernière vraie ville avant que Gros Morne ne vous avale dans sa nature sauvage. Nous y avons pris un café et des provisions avant de filer vers le nord, et j’ai apprécié cette simplicité pratique — aucune prétention, juste un bon camp de base avec une usine qui ronronne en arrière-plan.

Quand y aller : Venez entre décembre et mars pour profiter des pistes de Marble Mountain à leur meilleur, ou de juin à septembre si Gros Morne est la véritable destination et que Corner Brook n’est que votre point de départ.