La vallée-carrefour sans prétention du centre-ouest que tout le monde traverse en route vers Humla ou Jumla, et qui s'est révélée mériter une journée à elle seule.
Nous avons atterri à Surkhet en nous attendant à une simple formalité d’une nuit — un endroit où dormir avant le vol de correspondance pour Simikot, rien de plus. Le vol a été retardé de deux jours par la météo, comme c’est souvent le cas ici, et ce qui avait commencé comme un contretemps s’est transformé en une escale accidentelle et sincèrement agréable dans une partie du Népal où presque aucun voyageur étranger ne s’attarde volontairement.
Une vallée, pas une ville
Surkhet est en réalité une large vallée du Teraï intérieur plutôt qu’une ville unique, la capitale administrative de la province de Karnali et le véritable hub d’approvisionnement pour tout le centre-ouest et l’extrême-ouest sans routes. Elle n’a rien du drame de carte postale des montagnes plus au nord, mais le fond de la vallée est intensivement cultivé — riz, moutarde, blé selon la saison — et cerné de contreforts boisés du Mahabharat qui restent verts même durant les mois secs.

Le temple de Deuti Bajai et un très long escalier
Avec deux jours imprévus devant nous, nous avons fini par grimper jusqu’à Deuti Bajai, un temple hindou sur une crête boisée au-dessus de la vallée, accessible par un escalier de pierre qui, vers la quatre-centième marche, semblait considérablement plus long que ne l’avait laissé entendre le propriétaire de notre guesthouse. Le temple lui-même est modeste, mais la vue depuis le sommet — toute la vallée de Surkhet étalée en contrebas, la piste d’atterrissage comme une cicatrice grise dans le vert, les collines se repliant vers Jumla en strates bleutées — valait bien les cuisses en feu de la montée.

Lia a entamé une longue conversation avec un groupe de femmes qui se reposaient à mi-parcours, en pèlerinage depuis un village à deux vallées de là, et qui trouvaient le fait que nous soyons venus de si loin juste pour attendre un avion à la fois déconcertant et très drôle. Elles ont partagé leur thé et leurs oranges avec nous sans la moindre hésitation. C’est le genre d’échange qui n’arrive que lorsque votre itinéraire se brise et que vous cessez d’essayer de le réparer.
Quand y aller : d’octobre à mars offre le temps le plus sec et le plus agréable pour explorer la vallée elle-même. Si vous ne faites que passer en route vers Humla ou Jumla, prévoyez au moins une journée tampon dans votre planning — les retards de vol ici sont la règle, pas l’exception.
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