Ridi Bazaar
"Ridi Bazaar est le genre de lieu sacré qui n'a jamais reçu le mémo lui disant qu'il devait se moderniser."
Une ville de pèlerinage au bord de l'eau, au confluent de la Kali Gandaki et de la rivière Ridi, avec un temple de pierre noire et un bazar que le tourisme a complètement oublié.
J’ai trouvé Ridi Bazaar sur une carte presque par hasard, un petit point à un confluent de rivières entre Tansen et Pokhara, et j’y suis allé surtout par curiosité pour un nom que j’entendais mentionner en passant par des pèlerins hindous rencontrés ailleurs. Ce que j’ai trouvé, c’est une ville discrètement importante depuis des siècles, qui n’a jamais essayé une seule fois d’en avoir l’air.
Le confluent et les pierres noires
Ridi se trouve là où la Ridi Khola rejoint la Kali Gandaki, un confluent considéré si sacré que des pèlerins viennent spécifiquement ici pour ramasser les shaligram — ces fossiles d’ammonites noires trouvés dans le lit de la rivière et vénérés comme des représentations naturelles de Vishnou. J’ai passé un matin tôt les pieds dans l’eau froide jusqu’aux mollets, aux côtés d’un groupe de pèlerins venus d’Inde, tous à scruter les graviers à la recherche du motif en spirale caractéristique, et je suis reparti les pieds gelés mais avec une vraie admiration pour la patience qu’exige cette recherche.

Le temple de Rishikesh et les ghats de bain
Le complexe du temple de Rishikesh au-dessus des ghats est modeste en taille mais constant dans son usage — un flux régulier de fidèles locaux plutôt que les groupes de touristes organisés auxquels je m’étais habitué dans les plus grands sites de pèlerinage du Népal. Je me suis assis sur les marches de pierre pendant une heure à regarder un vieux prêtre accomplir une petite puja privée pour une famille venue de deux jours de voyage, tout le rituel se déroulant sans hâte, sans témoin autre que nous et quelques chiens en train de se reposer.

Une rue de bazar sortie d’une autre décennie
L’unique rue commerçante de la ville ne vend presque rien destiné aux étrangers — des autocuiseurs, des cahiers d’école, du poisson séché, des sandales en plastique —, et j’ai aimé la parcourir précisément parce que rien de ce qui était en vente ne jouait un rôle pour moi. J’ai mangé une assiette de sel roti et de tarkari à un étal tenu par une femme qui semblait légèrement amusée qu’un étranger ait même erré jusque-là, et je suis reparti avec le sentiment d’avoir vu une tranche du Népal dévot ordinaire que la plupart des itinéraires contournent complètement.
Quand y aller : d’octobre à mars pour un temps plus frais et des promenades agréables au bord de la rivière. La ville est la plus animée et la plus vivante pendant le festival annuel de Maghe Sankranti à la mi-janvier, quand des milliers de pèlerins arrivent pour se baigner au confluent.