La silhouette du dôme d'une mosquée s'élevant au-dessus des toits de Nepalgunj à l'heure dorée
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Nepalgunj

"L'appel à la prière et les cloches du temple se sont chevauchés au même coin de rue, et personne à part moi n'a semblé trouver ça remarquable."

Une ville frontalière poussiéreuse du Moyen-Ouest, véritable porte d'entrée vers Bardia et l'extrême ouest, où communautés hindoue, musulmane et tharu se partagent un même bazar bondé et chaotique.

Nepalgunj n’existe, pour la plupart des voyageurs, que comme une escale — l’aéroport où l’on change d’avion pour Bardia ou les districts collinaires de l’extrême ouest. Lia et moi avons failli la traiter de la même façon, jusqu’à ce qu’un vol annulé nous y bloque pour deux nuits supplémentaires. Ce qui aurait pu être du temps mort s’est transformé en l’une des étapes les plus discrètement mémorables du voyage.

Une ville bâtie sur le chevauchement

Nepalgunj se trouve tout contre la frontière indienne, et sa population reflète cette position plus que presque nulle part ailleurs au Népal — une importante communauté musulmane aux côtés de résidents hindous et tharus, avec des mosquées, des temples et des salles communautaires tharu parfois à portée de vue les uns des autres. En marchant dans le vieux bazar près de Tribhuvan Chowk au crépuscule, nous avons entendu l’appel à la prière rouler au-dessus des toits presque au même moment où les cloches du temple se sont mises à sonner deux rues plus loin. Personne autour de nous n’a réagi ; c’était simplement un mardi.

Le vieux bazar de Nepalgunj au crépuscule, boutiques éclairées de guirlandes lumineuses et minaret de mosquée en arrière-plan

Le temple de Bageshwari et le marché aux bestiaux

Le temple de Bageshwari, dédié à une forme de la déesse Durga, attire un flux constant de pèlerins venus des deux côtés de la frontière, et les ruelles alentour se remplissent de vendeurs proposant guirlandes de soucis, poudre de vermillon et objets dévotionnels en acier empilés en tours plus hautes que les commerçants qui les vendent. Quelques rues plus loin, le marché aux bestiaux se tient presque tous les matins — une scène réellement saisissante de buffles, de chèvres et de bœufs tirant des charrettes changeant de mains dans une brume de poussière et de marchandage crié.

Vendeurs proposant des guirlandes de soucis et de la poudre de vermillon devant le temple de Bageshwari à Nepalgunj

Attendre que la chaleur passe

Nepalgunj, pendant les mois de pré-mousson, est d’une chaleur brutale, et la ville s’est adaptée en conséquence — volets baissés et rues quasiment vides de midi à seize heures, puis une réanimation soudaine à mesure que la température baisse et que tout le monde ressort d’un coup. Nous avons passé notre après-midi forcé d’inactivité comme le faisaient les habitants : sous un ventilateur de plafond dans un restaurant en terrasse, à boire du thé au lait sucré, à regarder la lumière tourner au cuivre sur les toits plats.

Quand y aller : de novembre à février apporte les seules températures réellement confortables. Si vous utilisez Nepalgunj comme tremplin vers Bardia ou les collines de l’extrême ouest, prévoyez une marge d’un jour — les retards de vol y sont fréquents, surtout pendant la saison de mousson de juin à septembre.