Les ruelles étroites en pierre dorée de Monaco-Ville sur Le Rocher, du jasmin pendant sur des façades à volets au-dessus de la Méditerranée
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Monaco-Ville

"J'ai passé dix minutes seul devant la tombe de Grace Kelly un mardi. Monaco mérite ses surprises."

Cité médiévale perchée sur un rocher où un vrai prince réside encore et où Grace Kelly repose sous une simple dalle de pierre.

On accède à Monaco-Ville depuis La Condamine par une combinaison d’escaliers raides et d’un ascenseur gratuit que la principauté a installé dans la falaise, l’un de ces petits gestes de grâce civique qu’on n’attend pas d’un paradis fiscal. L’ascenseur monte à travers la roche et vous dépose près du sommet du Rocher, où les ruelles sont étroites et pavées de pierre ocre, bordées de bougainvilliers que quelqu’un arrose avec un soin réel. En bas, le port brille. En haut, le Palais Princier fait flotter son drapeau. Le vieux quartier est un vrai vieux quartier — médiéval dans ses os même si la surface a été rafraîchie pour les touristes — et le parcourir prend vingt minutes à l’allure tranquille, ce qui est exactement la bonne durée.

Le Palais Princier de Monaco sur le Rocher, le drapeau de la famille Grimaldi flottant au-dessus des tours médiévales du palais

Le Palais Princier reste une résidence royale en activité, ce qui signifie que l’accès est limité et en grande partie chorégraphié, mais la relève de la garde à onze heures trente du matin est entièrement gratuite et d’une sincérité inattendue. Un petit orchestre joue, des carabiniers en uniformes blancs exécutent leur rituel avec une précision qui ne verse pas dans la parodie, et la foule — véritablement mélangée, pas seulement des touristes mais aussi des Monégasques vaquant à leurs occupations matinales — observe avec une familiarité détendue. Albert II y réside, ce que Monaco ne vous laisse jamais oublier et n’annonce jamais trop non plus. Les Grimaldi tiennent ce rocher depuis 1297, l’un de ces faits historiques qui semblent inventés mais ne le sont pas. Le drapeau porte toujours les mêmes losanges rouges et blancs de leurs armes originales. Sept siècles dans le même bâtiment. L’esprit vagabonde.

Intérieur de la Cathédrale Notre-Dame-Immaculée, la dalle de marbre blanc de la tombe de Grace Kelly parmi les princes Grimaldi

Au bout du vieux quartier, passé les boutiques de souvenirs touristiques vendant des Ferrari miniatures et des objets Grimaldi, la Cathédrale Notre-Dame-Immaculée se dresse dans un calme relatif. C’est un édifice néo-roman de la fin du XIXe siècle, pâle et frais à l’intérieur, et la plupart des visiteurs viennent surtout pour trouver la tombe de Grace Kelly, enterrée ici aux côtés de générations de princes Grimaldi. La dalle de marbre est simple — rien que son nom et ses dates, GRATIA PATRICIA, dans le sol de l’abside. Je l’ai trouvée un mardi matin avec presque personne d’autre et je suis resté là un moment, à penser à l’étrangeté particulière de sa vie : Hollywood jusqu’ici, en un seul coup de téléphone. Il y a des fleurs. Il y a toujours des fleurs.

Quand y aller : Les matins sont les meilleurs — les boutiques des ruelles n’ouvrent pas avant dix heures et la densité touristique reste gérable avant midi. La relève de la garde a lieu quotidiennement à onze heures trente. Septembre et octobre voient moins de visiteurs et la lumière dans les ruelles est extraordinaire. Les vues depuis les remparts côté Jardins Saint-Martin du Rocher sont meilleures sous le soleil bas de fin d’après-midi qu’à n’importe quelle autre heure.