Musée Océanographique
"Cousteau a travaillé ici pendant trois décennies. On comprend encore pourquoi il ne voulait pas partir."
Le Musée Océanographique est construit dans la falaise à l’extrémité sud du Rocher, en porte-à-faux au-dessus de la mer à une hauteur qui rend la première vue depuis les jardins en contrebas véritablement saisissante. Le Prince Albert Ier l’a fondé en 1910, rapportant des spécimens de ses propres expéditions océanographiques — il était, selon toute évidence, un prince plus intéressé par l’océan profond que par les revenus du casino, le genre de personnalité historique qui rend Monaco plus intéressant que sa réputation ne le laisse supposer. Jacques Cousteau a dirigé le musée de 1957 à 1988, trente et un ans pendant lesquels l’institution est devenue un symbole mondial d’exploration marine et de conservation. On sent encore sa présence, dans la qualité légèrement missionnaire des expositions, dans le sentiment que le bâtiment a un point de vue.

L’aquarium est le cœur du bâtiment et l’un des meilleurs d’Europe. Il occupe le sous-sol, creusé dans la roche, et se divise en une section méditerranéenne et une section tropicale. Les bassins méditerranéens sont ceux que je trouve les plus intéressants : ils vous montrent ce qui vit dans les eaux directement sous Monaco, ces eaux que vous regardez depuis votre arrivée — rascasses, hippocampes, mérous, pieuvres se déplaçant dans la lumière bleu-vert avec cette intelligence alien. Le bassin lagon dans la section tropicale est un système récifal complet, haut de deux étages, et l’observer depuis la galerie en surplomb est l’une de ces expériences qui apaisent l’esprit d’une façon difficile à expliquer et très facile à ressentir. Je suis resté là longtemps.

À l’étage, le musée proprement dit est un grand salon XIXe d’histoire naturelle — des squelettes de baleines suspendus aux plafonds voûtés, les instruments de bord originaux du Prince Albert dans des vitrines, des cartes historiques de courants et de routes migratoires qui semblent à la fois scientifiques et beaux. La terrasse au dernier étage donne au sud et à l’est, et la vue depuis là est vertigineuse dans le meilleur sens : la mer directement en dessous, la Côte d’Azur s’éloignant vers l’est en direction de l’Italie, le port de Monaco visible à l’ouest. J’y ai pris un café au petit café et me suis senti à un endroit extraordinairement bien situé. L’entrée est payante — pas les tarifs du Casino de Monaco, mais de vrais tarifs de musée — et ça en vaut entièrement la peine.
Quand y aller : En semaine en basse saison, quand les foules se réduisent et que l’aquarium permet une visite plus sereine. Le musée ouvre à dix heures et le tout début de matinée à l’aquarium, avant l’arrivée des visites de groupes vers onze heures, est véritablement paisible. L’entrée horodatée aide en été mais même ainsi, les bassins méditerranéens et les galeries du sous-sol sont toujours moins fréquentés que le lagon tropical. Prévoir deux à trois heures minimum pour faire honneur à la salle des baleines et au musée du dessus.