Huaquechula
"La chapelle ouverte fut construite pour convertir tout un village à la fois. Les autels dressés ici en novembre laissent penser que la conversion n'a jamais tout à fait abouti."
Une paisible ville du Puebla ancrée autour d'une chapelle ouverte franciscaine du XVIe siècle, construite pour convertir des milliers de personnes à la fois — et autour d'une tradition d'autels du Jour des Morts si élaborée qu'elle fait paraître modeste cette ambition d'origine. En dehors de novembre, Huaquechula appartient presque entièrement à ses habitants.
Je suis arrivé un mardi de fin octobre, le genre de jour où Huaquechula est encore pleinement elle-même — des marchands vendant des piments secs et des seaux en plastique sur la place, un chien endormi sur les marches de l’église, une odeur de copal flottant depuis un endroit que je n’ai pas su localiser. La ville se trouve à environ une heure au sud-ouest de la ville de Puebla, assez proche d’Atlixco pour que la plupart des gens visitent les deux en une journée, et assez à l’écart du circuit principal pour que les cars de touristes ne s’y arrêtent pas. J’ai eu l’atrium du couvent presque entièrement pour moi seul. Cela a changé en l’espace d’une semaine.
La chapelle ouverte
La Capilla Abierta de San Martín Caballero est l’une des chapelles ouvertes les mieux conservées du Mexique, une catégorie de bâtiment qui mérite qu’on s’y attarde. Dans les décennies suivant la conquête espagnole, les missionnaires franciscains se sont heurtés à un problème d’échelle : des dizaines de milliers de convertis indigènes, dont aucun n’aurait tenu à l’intérieur d’une église de style européen. Ils ont donc construit ceci — une immense structure en arc ouverte d’un côté, face à un vaste atrium fortifié, pour qu’un village entier puisse assister à la messe debout en plein air. La chapelle de Huaquechula date des années 1540 et est réellement gigantesque. Debout dans l’atrium, regardant en arrière vers l’arche, je n’arrêtais pas d’essayer de calculer combien de personnes pouvaient tenir dans cet espace. Le chiffre était inconfortable.

Les autels
Ce que personne ne vous dit sur les autels du Jour des Morts de Huaquechula, c’est qu’ils ne sont pas des décorations. Ce sont des chantiers de construction. Les familles commencent à planifier dès août, s’approvisionnant en cempasúchil par caisses entières, commandant des figures en papier mâché, montant des échafaudages. Le 1er novembre, certains autels atteignent trois mètres de haut — des tours à plusieurs niveaux de photographies, de bougies, de pan de muerto, de mole negro, des cigarettes et bouteilles de mezcal préférées du défunt, et des milliers de fleurs de cempasúchil empilées si densément que la couleur semble vibrer. Plusieurs familles ouvrent leurs maisons aux visiteurs durant ces journées, non pas pour de l’argent mais parce qu’ici, le deuil est quelque chose que l’on partage. Je me suis assis avec une famille pendant près d’une heure. Nous ne parlions pas particulièrement bien la même langue, mais l’autel racontait presque toute l’histoire de toute façon.

La ville entre les festivités
En dehors de novembre, Huaquechula se calme et devient quelque chose de réellement agréable. Le marché sur la place vend des tlayudas et des tamales de rajas le matin, et il y a une petite comedora près du coin de la calle Hidalgo où j’ai mangé un bol de pozole rojo auquel je pense encore. L’ensemble conventuel — chapelle, monastère et église principale — mérite une heure sans hâte, même sans les autels. Les détails sculptés en pierre de la façade sont remarquablement intacts. Un gardien m’a laissé grimper un escalier latéral qui ne semblait avoir aucun statut officiel ; depuis le sommet, on voyait la vallée en direction d’Atlixco et le volcan au-delà.

Comment y aller
Depuis le terminal CAPU de Puebla, prenez un colectivo ou un bus en direction d’Atlixco (environ 50 minutes), puis un second colectivo jusqu’à Huaquechula (20 minutes de plus). Depuis Atlixco même, c’est un trajet direct de 15 minutes. Il n’y a pas de bus direct depuis Mexico ; Puebla reste le point de passage pratique. Pendant le Día de Muertos, des taxis partagés circulent fréquemment depuis Atlixco — la ville devient alors, pour quelques jours, très facile d’accès.
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