Une plage de sable blanc bordée de palmiers sur l'Ile aux Nattes, avec une eau turquoise peu profonde et une pirogue en bois tirée sur le rivage
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Ile aux Nattes

"La traversée en pirogue creusée a pris onze minutes. On avait l'impression de basculer dans une version plus calme du même voyage."

Une minuscule île sans voitures au large de la pointe sud de Sainte Marie, cerclée du genre d'eau qui vous fait vous arrêter en pleine phrase.

Un pagayeur local vous fait traverser l’étroit chenal depuis la pointe sud de Sainte Marie dans une pirogue creusée, sans moteur, juste des coups de pagaie réguliers contre un courant qui mérite à peine ce nom, et la traversée entière prend moins de quinze minutes. De l’autre côté, l’Ile aux Nattes — connue localement sous le nom de Nosy Nato — se révèle assez petite pour en faire le tour à pied en moins de deux heures, sans voitures, sans motos, avec un unique sentier sablonneux reliant son éparpillement de pensions et de hameaux de pêcheurs.

Une eau qui ne semble pas réelle

J’avais déjà passé plusieurs jours sur les plages de Sainte Marie au moment de faire la traversée, et je supposais avoir développé une certaine résistance à l’émerveillement face à l’eau de Madagascar. L’Ile aux Nattes a brisé cette hypothèse dans les dix premières minutes — un lagon peu profond et sans courant sur le côté ouest de l’île, une eau si claire et si uniformément turquoise qu’elle paraissait retouchée numériquement, le sable visible dans un détail parfait à trois ou quatre mètres de profondeur. J’y ai flotté pendant presque tout un après-midi, me redressant occasionnellement juste pour vérifier que l’eau n’atteignait vraiment que la taille, aussi loin que je pouvais voir.

Une eau turquoise claire léchant une plage de sable blanc sur l'Ile aux Nattes, des cocotiers penchés au-dessus du rivage

Une marche autour de l’île entière

Le sentier qui fait le tour de l’île passe par de petits groupes de maisons au toit de chaume, devant un modeste phare sur la pointe est, et à travers des étendues de cocoteraie dense où les résidents ramassent les palmes tombées en tas bien rangés plutôt que de les laisser pourrir sur le chemin. J’ai marché la boucle complète un matin sans programme particulier, m’arrêtant pour acheter une brochette de poisson grillé à une femme cuisinant sur un brasero de charbon en bordure de sa cour, et j’ai terminé le circuit en un peu plus de quatre-vingt-dix minutes, avec l’impression d’avoir réellement vu tout l’endroit plutôt que de l’avoir survolé.

La lente traversée du retour

Ce qui m’a le plus frappé, curieusement, n’était pas un site particulier mais l’absence totale de bruit de moteur — pas de motos, pas de voitures, pas de générateurs bourdonnant bruyamment toute la journée — juste le son de l’eau, une voix occasionnelle, et des pagaies plongeant dans le chenal tandis que les pirogues faisaient l’aller-retour entre les deux îles. Un jeune pagayeur nommé Rivo, qui m’a ramené en fin de journée, m’a dit que la plupart des résidents préféraient les choses ainsi et avaient activement résisté, au fil des années, aux propositions d’apporter un transport motorisé sur l’île.

Un pagayeur local guidant une étroite pirogue creusée à travers le chenal calme entre Sainte Marie et l'Ile aux Nattes

J’avais prévu une visite d’une demi-journée et je l’ai étirée en une journée complète sans grande hésitation intérieure. L’Ile aux Nattes n’a pas d’attraction phare au-delà de l’eau et du calme, mais la combinaison des deux, ininterrompue par aucun moteur pendant des heures d’affilée, s’est révélée suffisante.

Quand y aller : De septembre à décembre pour des mers calmes et une eau claire ; la saison d’observation des baleines chevauche cette période si vous combinez la visite avec un séjour sur Sainte Marie elle-même.