Le village de Triesenberg sur sa haute terrasse verte au-dessus de la vallée du Rhin, avec les Alpes suisses visibles au loin par un clair après-midi
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Triesenberg

"D'ici, Vaduz ressemble à un jouet. J'ai compris les Walsers immédiatement."

Un village walser sur une terrasse de montagne qui domine tout — y compris la capitale — avec une autorité alpine tranquille.

La route qui monte vers Triesenberg zigzague à travers la forêt puis soudainement on se retrouve sur une terrasse au-dessus de tout. La vallée du Rhin s’ouvre en dessous comme une carte en relief — le fleuve un fil d’argent, Vaduz un groupe de toits, la Suisse juste de l’autre côté de l’eau, l’Autriche visible si on se penche à droite. La première fois que j’ai fait ce trajet, je me suis arrêté immédiatement et je suis resté au bord un moment. Il y a une qualité particulière de lumière alpine en fin d’après-midi, presque ambrée, qui fait que la vallée en dessous ressemble à un tableau d’elle-même.

Triesenberg est à environ 900 mètres d’altitude et a la personnalité d’un village qui a toujours été légèrement à l’écart. Le peuple walser qui s’est installé ici au XIIIe siècle venait du Valais et a apporté son propre dialecte, ses propres coutumes, sa propre façon de construire. Le Musée walser au centre du village rend cette histoire tangible — c’est un endroit modeste, géré en famille, installé dans une ferme traditionnelle, et la femme qui m’a fait visiter a parlé de ces migrations médiévales avec l’enthousiasme de quelqu’un qui discute de proches parents encore vivants. Ce qui, d’une certaine façon, était le cas.

L'extérieur du Musée walser à Triesenberg, une ferme alpine en bois avec des jardinières pleines de fleurs

Le village lui-même est calme d’une façon que Vaduz — pleine de touristes et de diplomates — n’atteint jamais tout à fait. Le matin, j’entendais des cloches de vaches de quelque part que je ne pouvais pas localiser précisément. La boulangerie ouvrait à sept heures et le pain était dense et garni de graines, et il accompagnait bien le fromage local que j’avais acheté dans une petite boutique de ferme. Il y a des sentiers de randonnée qui partent d’ici vers le territoire alpin plus élevé, et les chemins sont balisés avec une rigueur qui est, peut-être sans surprise, très Liechtenstein — aucune ambiguïté, aucune section envahie par la végétation, chaque distance peinte sur chaque poteau.

L’église Saint-Joseph domine la place du village avec une simplicité sûre d’elle-même. À l’intérieur, le plafond peint est retenu comparé à l’excès baroque qu’on trouve ailleurs dans la région, comme si les Walsers avaient emporté leur sensibilité esthétique quasi protestante même dans leurs espaces catholiques. Je me suis assis dans un banc pendant dix minutes au milieu d’un jour de semaine et j’ai eu l’endroit entièrement pour moi seul.

Vue matinale depuis une terrasse de Triesenberg regardant vers le bas sur la vallée du Rhin en direction de la Suisse

Le soir, j’ai mangé des Käsknöpfle dans le seul restaurant que j’ai trouvé ouvert un mardi — des pâtes cuites au four avec de l’Alpkäse et nappées d’oignons sombres et caramélisés. C’était le genre de plat qui ne se prend pas bien en photo et qui a meilleur goût pour cette raison. Le propriétaire m’a dit qu’en hiver, quand la neige arrive, Triesenberg reçoit plus de ciel que de vallée en dessous, et que la lumière est différente — claire, bleue et très immobile. J’ai rangé ça dans un coin pour un autre voyage.

Quand y aller : L’été (juin à septembre) pour se balader sur les sentiers d’altitude et manger sur la terrasse avec la vallée en dessous dans tout son vert. Octobre pour le jaunissement de la forêt caduque sur les pentes en dessous. L’hiver est beau mais calme — le village se referme sur lui-même et tout ne reste pas ouvert. Le week-end de la fête nationale en août amène parfois des célébrations villageoises qui valent le détour.