Steg
"Steg est la pause avant Malbun, et certains jours, cette pause est tout ce qui compte."
Un hameau alpin d'une seule rue au-dessus de Triesenberg, où un petit réservoir, un jardin alpin et un silence total disent tout.
Nous avons failli traverser Steg sans nous arrêter, la première fois. C’est facile d’y passer tout droit — la route qui monte de Triesenberg à Malbun traverse directement le hameau, et à 1 300 mètres dans la vallée de la Samina, on croirait, l’espace d’un instant, n’apercevoir qu’une poignée de chalets à un virage de la route. Mais Lia m’a demandé de m’arrêter, surtout parce qu’elle avait repéré le panneau du jardin alpin, et ce détour de quinze minutes s’est transformé en la majeure partie de l’après-midi. Le jardin est modeste et sans prétention, un recueil de la flore qui pousse réellement sur ces pentes — gentianes, rhododendrons alpins, ces plantes basses et coussinées qui survivent au-dessus de la limite des arbres — étiquetées avec assez de simplicité pour que même ma botanique rouillée s’en sorte.
Depuis le jardin, nous avons suivi la courte boucle qui descend jusqu’au Stausee Steg, le petit réservoir juste à la sortie du hameau. Ce n’est pas spectaculaire comme le sont souvent les lacs alpins, plutôt un étang de travail qu’une carte postale, mais c’est justement ce qui m’a plu. Nous avions du pain, un morceau de fromage acheté à Triesenberg, et nous nous sommes assis dans l’herbe pendant que des enfants du coin faisaient ricocher des cailloux. Pas de file d’attente, pas de guichet, pas un seul autre touriste ce jour-là.

Je suis revenu seul en février, à skis cette fois, parce que Steg pratique le ski de fond d’une manière que Malbun, plus haut dans la vallée, ne propose presque pas. Les pistes ici sont damées mais peu fréquentées — je crois avoir croisé deux autres skieurs en deux heures — et le hameau lui-même devient presque entièrement silencieux sous la neige, une ou deux cheminées fumant doucement, le son réduit au glissement des skis sur la trace tassée. Je me suis arrêté sur un banc le long du parcours juste pour écouter le silence un moment, ce que je ne me permets pas souvent.

Steg n’est pas vraiment une destination mais plutôt un seuil — le dernier souffle tranquille avant que la route ne grimpe vers Malbun — mais j’en suis venu à penser que c’est précisément là son utilité. Quand y aller : de juin à septembre pour les randonnées et le jardin alpin en pleine floraison, de décembre à mars pour des pistes de ski de fond sans la foule que l’on trouve plus haut dans la vallée.
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