La façade en pierre ouvragée et la cour à arcades du palais de Beiteddine dans les montagnes du Chouf
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Beiteddine

"Trente ans pour construire un palais à la main, et chaque arche sculptée continue d'affirmer que ça en valait la peine."

Un palais d'émir du XIXe siècle en pierre sculptée et cours en mosaïque dans les montagnes du Chouf, qui accueille toujours un festival d'art estival sous les mêmes étoiles.

La route qui monte vers Beiteddine serpente à travers les montagnes du Chouf en une série de virages en épingle qui m’ont obligé à ralentir et à regarder, ce qui, je le soupçonne, est exactement le but recherché — le temps d’arriver, on a déjà été attendri par les forêts de pins et les villages de pierre accrochés aux pentes, et le palais lui-même frappe alors avec un effet maximal. L’émir Bachir Chihab II l’a construit sur près de trente ans au début des années 1800, important du marbre d’Italie et des artisans de toute la région, et le résultat est l’un des plus beaux exemples d’architecture libanaise que j’aie vus dans tout le pays — des cours dans des cours, des arcs en fer à cheval sculptés de motifs géométriques si denses qu’ils semblent vibrer, et une série de fontaines qui rafraîchissaient autrefois les pièces avec pour seuls outils l’eau en mouvement et d’ingénieux conduits de ventilation.

J’ai passé plus de temps que prévu rien que dans la salle de réception, où un sol en mosaïque d’époque romaine — mis au jour ailleurs au Liban puis déplacé ici pour être préservé — représente des scènes de chasse et des figures mythologiques dans des couleurs qui, on ne sait comment, sont restées vives pendant près de deux mille ans. En parcourant ensuite les appartements privés du palais, j’ai continué à remarquer de petits détails domestiques qui rendaient l’émir moins abstrait, plus réellement humain : un hammam aux salles de vapeur intactes, des écuries construites à une échelle clairement pensée pour impressionner les dignitaires en visite, une aile du harem aux fenêtres à claire-voie conçues pour regarder dehors sans être vu.

Arches en pierre richement sculptées entourant une cour au palais de Beiteddine

Ce qui m’a le plus surpris, c’est que Beiteddine n’est pas un musée figé. Chaque été, le palais accueille le Festival des Arts de Beiteddine, et je suis tombé sur la répétition d’un concert en plein air en train d’être installé dans la cour principale — des chaises empilées contre des murs que les tailleurs de pierre de l’émir avaient sculptés deux siècles plus tôt, des techniciens du son tirant des câbles le long des fontaines en mosaïque, toute la scène rappelant que le palais n’a jamais vraiment cessé d’être un lieu de rassemblement.

Sol en mosaïque romaine antique représentant des scènes de chasse à l'intérieur du palais de Beiteddine

Quand y aller : La fin du printemps et le début de l’automne offrent la lumière de montagne la plus claire pour les cours. Si vous pouvez faire coïncider votre visite avec le festival d’art estival (juillet-août), le palais devient bien plus une scène vivante qu’un monument figé.