Moyen-Orient
Liban
"Chaque pierre ici se souvient de quelque chose que le reste du monde a oublié."
Un pays qui compresse six mille ans de civilisations, une beauté téméraire et la table la plus généreuse du monde dans un territoire plus petit que la Bretagne.
Je suis arrivé à Beyrouth par un vol du soir et la ville tournait déjà à plein régime. La corniche était noire de monde, les klaxons de voitures rivalisaient avec une musique de oud qui s’échappait de quelque part au-dessus de la rue, et avant même d’avoir trouvé ma guesthouse, un homme assis sur une chaise en plastique devant une épicerie m’avait déjà proposé un verre d’arak. C’est le Liban — il n’attend pas que vous soyez installé pour commencer à être lui-même.
Byblos a été le moment où l’échelle du pays m’a vraiment saisi. Debout parmi des ruines phéniciennes avec la Méditerranée trente mètres en contrebas, je n’arrivais pas à me sortir de la tête que des gens vivent et commercent en ce lieu depuis sept mille ans. Le château croisé repose sur des fondations romaines antiques, qui reposent elles-mêmes sur des temples de l’âge de Bronze. C’est le genre d’endroit où l’histoire ne ressemble pas à une leçon — elle ressemble à quelque chose de géologique. Tout près, les cèdres de la réserve du Shouf sont plus anciens que la plupart des religions. En marchant parmi eux dans l’air frais de la montagne après la chaleur du littoral, j’ai compris pourquoi ils ont fini sur le drapeau.
La cuisine est l’argument le plus honnête en faveur du Liban. Un houmous qui ne ressemble en rien à ce qu’on vend dans les supermarchés du reste du monde, un kibbeh nayyeh mangé cru et mariné à l’oignon et aux épices, un fattoush vif de sumac, et des plateaux de mezze qui n’en finissent pas d’arriver bien après le moment où l’on croyait avoir terminé. Dans la plaine de la Bekaa, j’ai bu un verre de rouge dans un domaine viticole près de Zahle qui aurait pu soutenir la comparaison avec ce que j’ai bu en France. Le vin est élaboré dans cette vallée depuis quatre mille ans. Le terroir, il s’avère, n’est pas qu’un concept.
Quand y aller : D’avril à juin et de septembre à octobre sont idéaux — chaud, dégagé, et pas encore aux tarifs estivaux. Juillet et août voient rentrer la diaspora libanaise et Beyrouth prend un rythme de fête à la fois électrisant et épuisant. L’hiver en montagne, c’est le ski au-dessus de Bcharre, qui est vraiment bon, mais la côte libanaise reste douce toute l’année.
Ce que la plupart des guides ratent : Ils présentent le Liban comme une destination pour voyageurs courageux, encadrée par l’instabilité politique, toujours avec des mises en garde. Ce qu’ils ne voient pas, c’est que les Libanais ont un sens finement calibré de ce qui va et ce qui ne va pas — et quand ça va, l’endroit a plus de vie que presque n’importe où ailleurs. Ne laissez pas les raccourcis géopolitiques vous détourner d’un pays qui a inventé l’alphabet, qui nous a donné Khalil Gibran, et qui met encore la table comme si le monde entier allait s’asseoir pour manger.
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Lieux à Liban
lebanon Anjar
Une ville omeyyade du VIIIe siècle tracée sur une grille romaine parfaite, et le seul endroit du Liban où l'arménien est la première langue qu'on entend.
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lebanon Baalbek
Des ruines de temples romains si colossales qu'elles font paraître le reste de l'Antiquité classique comme un brouillon.
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lebanon Batroun
Un mur maritime phénicien, des stands de limonade cultes, et une vieille ville côtière où j'ai perdu des après-midi entières sans m'en rendre compte.
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lebanon Bcharre
Un village de montagne au bord d'une forêt de cèdres sacrée, village natal de Khalil Gibran, et la meilleure raison de monter haut dans les sommets libanais.
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lebanon Beyrouth
Une ville qui se reconstruit sans cesse de ses propres décombres et en ressort chaque fois plus bruyante.
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lebanon Beiteddine
Un palais d'émir du XIXe siècle en pierre sculptée et cours en mosaïque dans les montagnes du Chouf, qui accueille toujours un festival d'art estival sous les mêmes étoiles.
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lebanon Vallée de la Bekaa
Une haute vallée plate entre deux chaînes de montagnes où quatre mille ans de viticulture rencontrent l'agriculture la plus improbable du Levant.
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lebanon Byblos
Sept mille ans d'occupation continue compressés dans une ville portuaire d'où les Phéniciens chargeaient des navires de cèdre et de papyrus.
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lebanon Deir el Qamar
Une capitale du XVIIe siècle parfaitement préservée, faite de maisons en pierre ocre et d'une place de l'époque de la soie, où tout le village semble figé en pleine conversation.
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lebanon Enfeh
Une péninsule rocheuse aux marais salants, des ruines englouties visibles à travers une eau limpide, et l'un des littoraux les plus tranquilles qui restent au Liban.
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lebanon Faraya
Une station de ski à une heure de la Méditerranée où j'ai troqué mes tongs contre des chaussures de ski le même après-midi, ce qui résume tout l'intérêt du Liban.
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lebanon Grottes de Jeita
Un réseau de grottes à deux niveaux dont l'échelle et les formations sont si extrêmes qu'elles dépassent le beau pour atteindre quelque chose de plus proche du vertige.
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lebanon Jounieh
Une baie aux néons où un téléphérique grimpe au-dessus des casinos et des boîtes de nuit jusqu'à une statue blanche de la Vierge Marie qui veille calmement sur tout ça.
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lebanon Vallée de la Qadisha
Une gorge si profonde que des moines ermites y ont taillé des chapelles à même la falaise, et un sentier qui tient toutes les promesses de son nom.
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lebanon Réserve de la Biosphère du Shouf
La plus grande réserve naturelle du Liban, avec d'anciennes forêts de cèdres, des villages de montagne druzes et un palais ottoman d'une opulence déconcertante.
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lebanon Sidon
La ville du vieux souk la plus atmosphérique du Liban, où châteaux croisés de mer et fabriques de savon médiévales côtoient un port de pêche en pleine activité.
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