Les maisons en pierre ocre et les toits de tuiles rouges du village historique de Deir el Qamar dans les montagnes du Chouf
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Deir el Qamar

"L'ancienne capitale du Liban est restée assez immobile pour que je puisse vraiment la regarder — c'est plus rare que ça ne devrait l'être."

Une capitale du XVIIe siècle parfaitement préservée, faite de maisons en pierre ocre et d'une place de l'époque de la soie, où tout le village semble figé en pleine conversation.

Deir el Qamar fut le siège des émirs du Liban pendant près de trois siècles, et elle porte cette histoire avec une confiance discrète qui m’a surpris après les ruines plus théâtrales du reste du pays. Il n’y a pas ici un monument unique et spectaculaire autour duquel construire une visite — il y a à la place un village entier de maisons en pierre ocre aux toits de tuiles rouges, aux volets en bois et aux arcades de pierre voûtées, resté intact depuis l’époque ottomane, en grande partie parce qu’il n’a jamais été bombardé ni surdéveloppé comme tant du patrimoine bâti du Liban.

Je me suis garé près de la place principale, encore appelée le Sérail d’après le palais du XVIIe siècle de l’émir Fakhreddine II qui lui fait face, et j’ai simplement marché sans carte pendant une heure, la seule vraie façon de voir cet endroit. Chaque ruelle débouchait sur une autre exactement pareille mais légèrement différente — une cour avec un vieux pressoir à olives, un porche au linteau de pierre gravé en écriture arabe, un khan de l’époque de la soie transformé en petit musée. Deir el Qamar s’est enrichi grâce à la soie aux XVIIIe et XIXe siècles, et cet argent reste lisible dans la pierre : rien d’ostentatoire, mais tout construit pour durer.

Une ruelle en pierre étroite à Deir el Qamar bordée de maisons ocre et de volets en bois

La synagogue du village — l’une des dernières encore debout au Liban, souvenir de la petite communauté juive qui vivait ici aux côtés des chrétiens et des druzes — se trouve à quelques pas de la place principale, fermée aux visiteurs mais signalée par une plaque, modeste note en bas de page sur le pluralisme religieux qui a façonné cette partie du Chouf. Je me suis ensuite assis à un café de la place du Sérail avec un café et une assiette de maamoul, regardant la lumière changer sur les façades de pierre au fil de l’après-midi, et j’ai compris pourquoi cette place est un lieu de rassemblement depuis près de quatre cents ans — elle a tout simplement les bonnes proportions pour donner envie de s’attarder.

La place historique du Sérail à Deir el Qamar avec la façade du palais du XVIIe siècle

Quand y aller : Les après-midis de printemps et d’automne sont idéaux pour flâner dans les ruelles de pierre sans la chaleur estivale. Le village accueille la plupart des années un festival du vin animé en septembre, quand les vignobles voisins du Chouf apportent leur récolte sur la place.