Tombeau de Saadi
"Chaque bâtiment de l'ONU porte un de ses vers sur son mur. Presque aucun visiteur en Iran ne sait où il est enterré."
Un pendant plus calme et plus verdoyant au sanctuaire de Hafez, bâti pour le poète qui écrivit que l'humanité entière ne forme qu'un seul corps.
Je l’avoue : je ne connaissais Saadi que comme le poète cité à l’entrée du siège des Nations unies à New York — les êtres humains sont les membres d’un seul corps, ayant été créés d’une seule essence — et j’ignorais qu’il avait une ville natale, sans parler d’un tombeau visitable à la lisière nord-est de Chiraz, au-delà d’un rond-point animé qui ne laisse rien deviner de ce qui l’attend derrière.
Un jardin bâti autour d’une source
La Saadieh s’organise autour d’une source naturelle dont Saadi lui-même aurait parlé dans ses écrits, aujourd’hui canalisée dans un long bassin étroit peuplé de gros poissons orange que les habitants nourrissent depuis la colonnade au-dessus. Le mausolée se dresse à une extrémité sous un dôme bleu pâle, son intérieur orné de quelques-uns de ses vers les plus célèbres sculptés directement dans la pierre — des extraits du Golestan et du Boustan pour des pèlerins qui les connaissent déjà par cœur.

Nous sommes venus un matin de semaine et avons eu la colonnade presque pour nous seuls — un contraste net avec le tombeau de Hafez, plus célèbre et plus fréquenté, de l’autre côté de la ville. Un vieux gardien balayait les aiguilles de cyprès tombées sur le marbre avec un balai de paille, à petits gestes lents et sereins, et quand Lia a complimenté le jardin, il a haussé les épaules et dit : « Saadi aimait le calme. On essaie de le lui garder ainsi. »
Sous terre, une surprise
Sous le jardin principal se trouve une petite chambre-citerne sombre, un ancien réservoir d’eau aujourd’hui transformé en une maison de thé étrangement atmosphérique — on descend un escalier de pierre étroit et l’on se retrouve à boire son thé dans ce qui ressemble à une grotte, l’eau bougeant encore, audible quelque part sous le sol.

Saadi a écrit dans presque tous les registres — instruction morale, flatterie de cour, humanisme au langage simple — et lire une ligne du Golestan sur place, près d’un bassin que ses poèmes mentionnent directement, a rendu les huit siècles qui nous en séparent presque négociables.
Quand y aller : Les matinées de printemps ou d’automne, quand le jardin est le plus frais et le plus calme. Il se marie naturellement avec le tombeau de Hafez — les deux sont à courte distance en taxi l’un de l’autre et se visitent facilement en une matinée sans se presser.