Un téléphérique à sept tronçons qui vous emmène des embouteillages de Téhéran à 3 900 mètres de terrain alpin de l'Alborz en moins de quarante minutes — piste de ski l'hiver, sentier de randonnée le reste de l'année.
Tochal est la montagne qui donne son sens à la géographie de Téhéran : un sommet de 3 933 mètres dans la chaîne de l’Alborz qui s’élève directement à la lisière nord de la ville, assez proche pour que, par les matins d’hiver dégagés, on aperçoive la neige sur ses pentes supérieures depuis des rues du centre engorgées de circulation et de gaz d’échappement. Le téléphérique qui la gravit est l’un des plus longs au monde, un système à sept stations qui vous hisse depuis le quartier nord de Velenjak jusqu’à bien au-delà de 3 700 mètres.
La montée
J’y suis allé début octobre, après la saison de ski, ce qui signifiait que les cabines étaient à moitié vides et que le trajet lui-même devenait la destination plutôt qu’un simple moyen d’y parvenir. La ville s’efface vite — en quelques minutes, le bruit de la circulation disparaît, remplacé par le vent contre la cabine et la sensation étrange de voir la brume brune de Téhéran devenir une couche sous soi plutôt que quelque chose qu’on respire. À la cinquième station, la végétation s’était réduite à des broussailles alpines et la température avait chuté de ce qui m’a semblé quinze degrés.

Randonnée l’été, ski l’hiver
En hiver, Tochal fait tourner l’une des stations de ski les plus hautes du monde, et les Téhéranais traitent une virée de ski le week-end ici comme les habitants de Denver traitent les Rocheuses — une course tout à fait banale plutôt qu’une expédition. De la fin du printemps à l’automne, les pistes deviennent au contraire un terrain de randonnée, avec des sentiers qui serpentent entre les stations supérieures vers la crête sommitale. J’ai marché une section entre la station cinq et la station six, l’air raréfié ralentissant l’allure plus que prévu, et je me suis arrêté souvent pour regarder en contrebas une ville que je ne distinguais plus vraiment à travers la brume.

Le contraste
Ce qui m’est resté, ce n’est pas le sommet lui-même mais le contraste — comment une ville de quinze millions d’habitants, dense, chaude et bruyante, se tient au pied immédiat d’un terrain aussi sauvage. Nulle part ailleurs où j’ai voyagé je n’ai trouvé une telle brutalité de transition entre métropole et nature alpine, pas même dans des villes que je considérerais proches de la montagne comme Denver ou Grenoble.
Quand y aller : De décembre à mars pour le ski, quand les pentes supérieures sont fiablement enneigées. De la fin du printemps à octobre pour la randonnée, même si les stations inférieures peuvent encore être assez chaudes lorsque le sommet est frais — habillez-vous en couches quelle que soit la saison.
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