Les vestiges érodés en brique crue de la ziggourat de Tepe Sialk s'élevant d'un tertre archéologique poussiéreux à la lisière de Kashan
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Tepe Sialk

"Tout le monde vient à Kashan pour les demeures qajares. Moi, je me suis laissé distraire par quelque chose de quatre mille ans plus ancien."

Un tertre vieux de sept mille ans à la périphérie de Kashan, où une ziggourat à moitié fondue devance discrètement presque tout ce que l'on peut voir ailleurs en Iran.

Tepe Sialk se trouve à la lisière sud-ouest de Kashan, assez proche pour y arriver en taxi en un quart d’heure, et c’est le genre de site que la plupart des visiteurs sautent entièrement parce qu’il ne se photographie pas comme un dôme turquoise. Vu de loin, on dirait juste un tertre de terre érodé. Vu de près, une fois qu’on comprend ce que l’on regarde, il devient l’un des sites archéologiques les plus importants de tout le pays.

Une ville plus ancienne que l’écriture

Les fouilles ici ont révélé une occupation continue remontant à environ sept mille ans, faisant de Sialk l’un des tout premiers sites urbains connus du plateau iranien — poterie peinte, premiers travaux du métal, et une nécropole antérieure à la plus grande partie de ce qu’on enseigne sur la civilisation mésopotamienne à l’école. Un petit musée sur place expose quelques fragments de poterie, peints de bandes géométriques et de motifs animaliers dans un style bien distinct de tout ce que j’avais vu sur les sites plus célèbres plus au sud. L’archéologue français qui dirigea les fouilles majeures dans les années 1930 emporta la plupart des plus belles découvertes au Louvre, ce que le gardien du site m’a mentionné avec une amertume contenue que j’ai entendue plus d’une fois en Iran.

Fragments de poterie peinte exposés sous vitrine au petit musée du site de Tepe Sialk

La ziggourat qui tient à peine sa forme

La pièce maîtresse du site est une ziggourat à degrés en brique crue datant d’environ le troisième millénaire avant notre ère, une structure religieuse qui devait dominer l’établissement environnant en son temps. Des millénaires d’érosion l’ont réduite à une forme arrondie, à moitié fondue, qu’il faut un peu d’imagination pour lire comme de l’architecture plutôt que comme de la géologie, mais le tracé des terrasses reste visible si l’on en fait le tour lentement. Grimper jusqu’au sommet aplati offre une vue sur l’étalement bas du Kashan moderne d’un côté et sur le désert ouvert de l’autre — un point de vue véritablement étrange, debout sur quelque chose bâti avant les pyramides de Gizeh, à regarder des antennes paraboliques et des minarets.

Vue depuis le sommet érodé du tertre de la ziggourat de Tepe Sialk donnant sur la plaine désertique vers Kashan

Il n’y avait personne d’autre l’après-midi où je m’y suis rendu. Juste le gardien, un chien errant endormi à l’ombre du bâtiment du musée, et sept mille ans de silence.

Quand y aller : D’octobre à avril, le site étant entièrement exposé et sans ombre. La lumière de fin d’après-midi fonctionne le mieux pour distinguer le profil en degrés de la ziggourat.