La façade en pierre rayée noire et blanche du monastère Saint-Stépanos se détachant sur un paysage de canyon aride près de la rivière Aras
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Monastère Saint-Stépanos

"Je m'attendais à une ruine. J'ai trouvé un monastère encore consacré une fois par an, encore chanté, encore vivant."

Un monastère arménien rayé de noir et blanc, coincé dans une gorge sur la rivière Aras, plus ancien que la plupart des cathédrales européennes et encore debout, contre toute attente, à la frontière de l'Azerbaïdjan.

La route vers Saint-Stépanos longe la gorge de la rivière Aras si près des frontières de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie que notre chauffeur désignait les tours de guet sans ralentir, comme des points de repère qu’on est censé déjà connaître. Le monastère apparaît soudainement au détour d’un virage — un ensemble aux allures de forteresse en pierre rayée noire et crème, son dôme conique s’élevant d’un canyon par ailleurs vide. Fondé, selon la tradition arménienne, au premier siècle par l’apôtre Barthélemy, l’édifice actuel date en majeure partie du dix-septième siècle, reconstruit après des tremblements de terre et des invasions répétés. L’UNESCO l’a inscrit, aux côtés de Qareh Kelisa, parmi les Ensembles monastiques arméniens d’Iran en 2008.

Le portail d'entrée en pierre sculptée du monastère Saint-Stépanos, avec des khatchkars arméniens encastrés dans le mur

Une pierre qui chante encore

À l’intérieur, le sanctuaire est plus frais et plus sombre que ce à quoi prépare la lumière crue du canyon dehors. Des khatchkars — ces pierres-croix arméniennes richement sculptées — sont encastrés dans les murs par intervalles, certains presque lissés par l’usure. Un gardien qui vit sur place pendant la saison touristique a raconté à Lia, dans un mélange d’anglais approximatif et de gestes, que des pèlerins arméniens viennent encore ici une fois par an pour une liturgie qui remplit la cour de gens campant sous des tentes toute la nuit. C’était difficile à imaginer, debout dans un silence quasi total, seulement troublé par le vent traversant la gorge, mais le sol de pierre montrait des siècles de passage qui rendaient l’affirmation tout à fait crédible.

Une gorge aride et rocheuse de la vallée de la rivière Aras près de la frontière irano-arménienne, non loin du monastère

Comment on y arrive, ça compte

Ce n’est pas une étape anodine. Le monastère se trouve assez près de la frontière pour que la visite nécessite de composer avec une procédure proche d’un permis — en pratique, la plupart des voyageurs organisent le trajet via une maison d’hôtes à Jolfa ou un chauffeur à Tabriz qui connaît déjà le rythme de la paperasse. Le trajet de trois heures depuis Tabriz, dans chaque sens, à travers un terrain montagneux de plus en plus austère, constitue, honnêtement, la moitié de l’expérience. Nous nous sommes arrêtés deux fois pour du thé à des étals en bord de route installés dans des conteneurs maritimes, chaque fois au service de fermiers qui ont traité la présence de deux voyageurs manifestement étrangers comme une occasion de conversation plutôt qu’une curiosité.

Quand y aller : D’avril à juin ou de septembre à octobre — le canyon n’offre aucune ombre et la chaleur estivale y est sévère. Vérifiez les règles d’accès à la zone frontalière auprès d’une maison d’hôtes locale avant de partir, car elles changent parfois.