Le pont Tabiat à plusieurs niveaux, en bois et en acier, reliant deux collines de parc à Téhéran, photographié à l'heure dorée
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Pont Tabiat

"Tous ceux à qui j'ai demandé où voir la meilleure architecture contemporaine de Téhéran m'ont indiqué un pont."

Un pont piéton de 270 mètres qui prouve que le design contemporain iranien ne s'est pas arrêté en 1979 — et le parc en contrebas où Téhéran se détend réellement.

Toutes les photos de guides de voyage sur l’Iran semblent montrer un dôme de mosquée ou une allée de bazar, ce qui se comprend — ce sont des lieux extraordinaires — mais cela donne aussi l’impression que le design iranien a cessé d’évoluer quelque part autour de l’époque safavide. Le pont Tabiat existe précisément pour corriger cette impression. Il a été conçu par une architecte iranienne de 26 ans, Leila Araghian, qui a remporté un concours ouvert pour sa réalisation, et il a ouvert en 2014 dans une immédiate fierté locale.

Traverser le pont

Le pont relie deux parcs publics — Taleghani et Ab-o-Atash — au-dessus d’une vallée que seul un passage souterrain très fréquenté traversait auparavant. Ce n’est pas une travée unique ; ce sont trois niveaux entrelacés de fermes en acier et de platelage en bois qui se déplacent et se replient au fil de la marche, s’ouvrant sur différents coins salon, cafés et points de vue en chemin. Je l’ai traversé lentement, sans me presser, m’arrêtant à chaque niveau pour regarder la circulation passer en contrebas, dans une sensation presque apaisante plutôt que stressante — une phrase que je ne pensais pas écrire un jour à propos d’un échangeur téhéranais.

Piétons traversant le platelage en bois à plusieurs niveaux du pont Tabiat

Le parc Ab-o-Atash

De l’autre côté, Ab-o-Atash — littéralement « parc de l’eau et du feu » — mérite bien son nom grâce à une grande installation de feu qui projette des flammes dans le ciel nocturne à intervalles réguliers, ainsi qu’à des fontaines et bassins réfléchissants autour desquels les familles se rassemblent à la nuit tombée. C’est l’un des rares endroits de Téhéran qui semble réellement pensé pour qu’on s’y attarde plutôt que pour qu’on le traverse, et le public y était plutôt jeune : étudiants, couples, adolescents faisant exactement ce que font les adolescents près du feu et de l’eau partout dans le monde.

Installation de feu illuminant le ciel nocturne au parc Ab-o-Atash près du pont Tabiat

Pourquoi ce lieu compte

En parlant avec de jeunes Téhéranais, j’ai souvent entendu ce pont cité comme un motif de fierté discrète — la preuve que le pays peut encore produire une architecture publique ambitieuse et qu’une jeune architecte iranienne peut décrocher une commande de calibre international chez elle plutôt que d’être contrainte de partir. C’est une petite structure pour porter un poids symbolique aussi lourd, mais elle le porte bien.

Quand y aller : En début de soirée, une heure avant le coucher du soleil jusqu’après la nuit tombée, quand la traversée est la plus fraîche et que l’installation de feu d’Ab-o-Atash fonctionne. Les week-ends attirent plus de monde et plus d’ambiance ; les soirées de semaine sont plus calmes.