Badab-e Surt
"Personne à qui j'en avais parlé avant le voyage n'en avait entendu parler. Tout le monde à qui j'ai montré les photos ensuite m'a demandé où c'était."
Un escalier de terrasses travertines orange et crème, façonné par deux sources minérales au fil des millénaires, dans un coin reculé du Mazandaran dont la plupart des visiteurs de l'Iran n'ont jamais entendu parler.
Badab-e Surt se trouve dans une étendue sèche et vallonnée de la province du Mazandaran, assez loin des grands axes caspiens pour que l’atteindre implique une dernière approche véritablement rugueuse sur piste non goudronnée. La récompense est une formation que je n’avais vue nulle part ailleurs sur ce voyage : des dizaines de terrasses travertines en escalier, allant de l’orange rouille au crème pâle, façonnées au fil des siècles par deux sources minérales voisines — l’une gazeuse et riche en fer, l’autre sulfureuse — qui déposent des couches minérales à mesure que l’eau cascade vers le bas.
Deux sources, un seul escalier
La variation de couleur sur les terrasses vient directement de la teneur minérale de chaque source. La source riche en fer produit les bassins rouge-orangé profond près du sommet, tandis que les sections davantage alimentées par la source sulfureuse virent vers des tons plus pâles, presque blanc os, plus bas. Marcher sur les terrasses demande de choisir son chemin avec soin sur une croûte minérale séchée qui, par endroits, ressemble et se sent presque comme du corail — cassante, striée, sans rien de commun avec aucune autre formation rocheuse ailleurs en Iran. Des habitants nous ont dit que ces bassins étaient traditionnellement réputés pour leurs vertus curatives sur la peau et les articulations, et certains visiteurs viennent encore spécifiquement s’y baigner dans les bassins du bas quand le niveau d’eau le permet.

Le trajet fait partie de l’histoire
La route depuis la ville la plus proche, Kiasar, traverse des lacets non goudronnés à travers des collines sèches et clairsemées qui ne ressemblent presque en rien à la côte caspienne luxuriante à seulement une heure ou deux de là — un rappel de la rapidité avec laquelle le paysage change dans l’intérieur du Mazandaran. Un chauffeur local avec un vrai 4x4 vaut largement son prix ; nous avons vu au moins une berline enlisée jusqu’à l’essieu dans un lit de rivière asséché que notre pick-up a traversé sans même ralentir.

À voir, pas forcément à baigner
Le niveau d’eau varie énormément selon la saison, et dès la fin de l’été, plusieurs des terrasses supérieures peuvent se retrouver quasiment à sec, laissant la croûte minérale à nu plutôt que remplie. Nous y sommes allés début juin et avons trouvé la plupart des bassins avec un niveau d’eau qui rendait le contraste des couleurs saisissant sans pour autant transformer le site en spot de baignade bondé — un équilibre qui ne tient apparemment plus en plein mois d’août, quand le nombre de touristes locaux grimpe et que le niveau d’eau chute en même temps.
Quand y aller : Fin du printemps, à peu près de mai à juin, pour des bassins bien remplis et le contraste de couleurs le plus vif entre les terrasses, avant que la chaleur estivale et l’évaporation n’amincissent l’eau.